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Plagiat à l’ère numérique | Publication

23 janvier 2020 Collégial et universitaire

La chercheure Sarah E. Eaton de l’Université de Calgary soutient que davantage de recherches sur les formes actuelles de tricherie sont nécessaires pour assurer la qualité de la réussite universitaire.

La chercheure en intégrité académique s’interroge, dans un récent article paru dans la version anglophone de The Conversation, si les cas de plagiat, de fraude et de tricherie dans les universités et collèges canadiens sont des « cas isolés » ou s’ils mettent en évidence des problèmes systémiques dans les systèmes d’enseignement supérieur.

Ses recherches précédentes montrent que peu d’études existent sur le plagiat au Canada. Il existe donc un manque d’informations important sur l’état actuel des fautes académiques dans les collèges et les universités canadiennes.

Les résultats de recherche à « grande échelle » datent de 2006. Selon ces résultats, plus de 50 % de la population étudiante de 1er cycle avaient commis une forme ou une autre de mauvaise conduite académique. Par ailleurs, l’une des limites de cette étude est qu’elle s’est appuyée sur des données autodéclarées.

Tricherie par contrat

L’un des principaux problèmes actuels en matière d’intégrité académique est le fait que certains étudiants achètent des travaux en ligne ou paient quelqu’un pour effectuer un travail en leur nom . Ce phénomène est nommé dans la littérature la « tricherie contractuelle ».

En Australie, un scandale s’est produit en 2014 lorsqu’une enquête médiatique a révélé que jusqu’à 1000 étudiants de 16 universités avaient acheté des travaux universitaires en ligne à la société MyMaster. Certains d’entre eux avaient payé l’équivalent de plus de 140 000 $ de frais à MyMaster en un an.

Image : Pixabay

Le marché mondial de la réalisation de travaux en ligne est maintenant estimé à 1 milliard de dollars US.

Les travaux de la chercheure Eaton révèlent que plus de 70 000 étudiants de niveau postsecondaire au Canada pourraient se livrer à la tricherie contractuelle, et ce, chaque année universitaire.

Dans le cadre de recherches récentes sur la manière dont les politiques des collèges abordent la tricherie contractuelle, Eaton et ses collègues ont étudié les politiques de plus de vingt collèges de l’Ontario et ont conclu que dans ces établissements, une politique devrait être élaborée.

Au Canada, le phénomène de la tricherie contractuelle a fait surtout l’objet d’une couverture médiatique qui montrait comment les étudiants peuvent acheter des travaux terminés rapidement et à bas prix auprès de fournisseurs en ligne.

Diplômes retirés

Afin de préserver l’intégrité institutionnelle, les universités ont retiré des diplômes, parfois des années après les avoir délivrés.

Dans d’autres pays du Commonwealth, l’assurance qualité de l’enseignement supérieur est contrôlée au niveau fédéral. En Australie, l’Agence de la qualité et des normes de l’enseignement supérieur supervise l’assurance qualité; au Royaume-Uni, il s’agit de la Quality Assurance Agency for Higher Education.

Or, au Canada, il n’existe aucune initiative à grande échelle en cours au niveau national pour contrôler l’intégrité académique dans l’enseignement supérieur canadien.

Un symposium national s’est tenu en avril 2019 pour aborder la question des violations de l’intégrité académique, y compris la tricherie contractuelle. C’était la première fois que des chercheurs, des décideurs politiques et des éducateurs se réunissaient pour discuter de la manière d’aborder ces problèmes à plus grande échelle.

Selon la chercheure, le Canada doit adopter une position plus ferme pour garantir le respect des normes de qualité académique, ainsi qu’hausser le financement des recherches sur l’intégrité universitaire pour augmenter les données et les rendre accessibles.

Consulter l’article de S.E. Eaton dans The Conversation

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