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Le système éducatif en contexte pandémique : s’adapter efficacement dès maintenant | Publication

14 décembre 2021 Collégial et universitaire

Dans un volumineux rapport, le Conseil supérieur de l’éducation exprime sa volonté de présenter les effets de la pandémie de la COVID-19 sur le système éducatif québécois. Par des exemples historiques et par l’analyse d’une consultation auprès de 31 organismes touchés, le Conseil aborde les capacités du système, l’adaptation des organismes et les vulnérabilités ayant été exacerbées par les contraintes liées à la crise sanitaire.

En novembre dernier, le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) publiait le rapport « Revenir à la normale? Surmonter les vulnérabilités du système éducatif face à la pandémie de COVID-19 : Rapport sur l’état et les besoins de l’éducation 2020-2021 ».

Retombées de la crise sanitaire dans le système éducatif québécois

La ligne directrice du rapport du CSE : la performance du système éducatif québécois dans sa réponse à la pandémie depuis mars 2020. Le Conseil brosse ainsi un portrait plutôt pessimiste des retombées personnelles, professionnelles et scolaires de la crise sur les personnes étudiantes, enseignantes et professionnelles, les parents, gestionnaires, etc. Parmi ces perturbations, l’incertitude face aux fermetures inégales des établissements et le passage abrupt à l’enseignement à distance apparaissent déterminants.

Le Conseil aborde entre autres les impacts à court et à long terme de la modification du travail, du stress, de l’isolement, des responsabilités familiales, de la conciliation travail-études et de la détérioration du bien-être et de la santé mentale.

Image de la première de couverture du rapport du CSE (2021)

Reconstruire mieux, dès maintenant

Une nouvelle réalité se dessine présentement, tant sur le plan social qu’éducatif.

Le Conseil met en garde le désir de retour rapide à la « normale » d’avant la crise; la normalisation ou le retour à « l’équilibre initial » doit être remis en question.

En effet, les vulnérabilités du système éducatif, des milieux et des établissements d’enseignement ont été exacerbées par la crise de la COVID-19 et des modificationsprécipitées ont été réalisées. Il est impératif de « reconstruire mieux » et de façon durable (Kasai, 2020) le système éducatif, et ce, sans attendre. Le concept de résilience organisationnelle (Burnard et Bhamra, 2019) apparait déterminant. De façon simplifiée, les apprentissages réalisés par les milieux ou les organismes pendant la crise permettent d’offrir des réponses durables et immédiates aux défaillances du système. Sans attendre la fin de la crise, le système éducatif, ministère et milieux scolaires doivent adapter leur façon de faire, dès maintenant, à partir des apprentissages en continu réalisés.

Il s’avère plus efficace de renforcer la résilience du système éducatif présentement, en fonction des vulnérabilités ciblées et des ratés du système, plutôt que de tenter de prévoir et de planifier les processus en cas de crise future.

Qu’en disent les organismes touchés par la crise?

Afin de brosser un portrait de l’adaptation des organismes québécois dans la poursuite de leurs activités face aux contraintes pandémiques, le Conseil a réalisé une consultation auprès de 31 organismes de tous ordres d’enseignement, public et privé (syndicaux, regroupements de directions, de parents, d’étudiant·es ou de professionnel·les, organismes communautaires). Par le détail des résultats, le Conseil offre des pistes d’action permettant de soutenir les ajustements présents et futurs, en vue de cette nouvelle normalité éducative.

Des vulnérabilités ciblées par secteur touché

CSE, 2021, p. 80-81

Les résultats ont été divisés en six catégories de vulnérabilités (voir tableau) et en quatre secteurs d’activités, dont celui de l’enseignement supérieur. De façon sommaire, les organismes participants (liste disponible en début de rapport) sont déçus par le « manque d’autonomie [et de souplesse] dans l’adaptation des services aux particularités de chaque milieu » (p. 44), exacerbé, notamment, par la pénurie de personnel, une confusion dans le partage des responsabilités ou une connaissance insuffisante des particularités de leur milieu. Quant au financement des établissements supérieurs, jugé insuffisant, imprévisible et manquant de clarté, une réflexion en profondeur sur les modes de financement, à l’université par exemple, serait nécessaire. Sur le plan pédagogique et numérique, les vulnérabilités ciblées — présentes avant, mais renforcies par la pandémie — sont multipliées par des inégalités socioéconomiques et le passage rapide à l’enseignement à distance, à l’adaptation de pratiques pédagogiques, à l’accès au numérique et au développement des compétences.

Le développement des compétences sociales et émotionnelles représente une avenue souhaitable pour minimiser les effets négatifs de la pandémie sur le bien-être et la santé mentale.

Des changements durables

Les vulnérabilités énoncées et certains des apprentissages organisationnels nommés, qu’en est-il de la pérennisation des mesures d’ajustements? Pour ce faire, les organismes (incluant le ministère) seraient gagnant de focaliser sur la souplesse, l’autonomie et l’inclusion dans leurs pratiques de gestion. En effet, la communication avec les professionnel·les des milieux éducatifs, menée par le ministère de l’Éducation et le ministère de l’Enseignement supérieur, a été jugée défaillante par les organismes de la consultation.

L’enseignement supérieur et de la réussite éducative

À l’enseignement supérieur, compte tenu de la nature des besoins dans la nouvelle normalité sur le plan pédagogique, financier et de l’équité, une réévaluation du système doit être faite. De plus, le travail à distance a modifié de façon durable les conditions de travail et ainsi, les adaptations sur le plan législatif et du recrutement sont aussi à prévoir. Des modifications pérennes liées entre autres à l’accès au numérique pour toutes et tous, au développement de compétences numériques, à la prise en compte des défis particuliers aux clientèles émergentes et à l’accès au soutien technique sont nécessaires. Par exemple, le Conseil recommande d’assurer un suivi psychologique, scolaire, professionnel et un soutien numérique et pédagogique, aux personnes affectées par la crise, et ce, au-delà de la crise.

Quant à la réussite éducative, le Conseil encourage la poursuite de travaux de recherche scientifique sur les cohortes ayant été touchées par la crise, notamment sur le plan des répercussions des interruptions scolaires et de l’accessibilité (numérique, technique, géographique, etc.).

Conclusion prescriptive

En terminant, le Conseil encourage notamment à la souplesse et l’autonomie des organismes, et à plus de flexibilité et de liberté aux unités (classes, établissements, centres de services scolaires, ministères, etc.) dans la gestion de leurs problématiques. Bref, optimiser les changements dès maintenant, en misant sur l’évaluation des impacts possibles de la crise sur le système, combler les vulnérabilités du système avant de faire face à une autre crise, et optimiser la fluidité des changements, notamment en faisant preuve de résilience.

Pour consulter le rapport du CSE : Revenir à la normale? Surmonter les vulnérabilités du système éducatif face à la pandémie de COVID-19 : Rapport sur l’état et les besoins de l’éducation 2020-2021

Références

Burnard, K. J. et Bhamra, R. (2019). Challenges for Organisational Resilience. Continuity & Resilience Review, 1(1), 17-25.  

Kasai, T. (2020). From the “New Normal” to a “New Future”: a Sustainable Response to COVID-19. The Lancet Regional Health – Western Pacific.

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