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Vulnérabilités étudiantes | Publication

30 janvier 2020 Collégial et universitaire

Le Groupe de travail sur l’enseignement supérieur (GTES) du Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq) en France vient de publier un ouvrage collectif intitulé « Vulnérabilités étudiantes, les chemins inattendus de la réussite » (2019).

Fruit de trois ans de travaux, cet ouvrage dirigé par Xavier Collet, Christine Guégnard et Simon Macaire comprend cinq articles qui abordent la vulnérabilité étudiante sous différents aspects : socioéconomique, scolaire, psychologique, de genre et migratoire.

Les articles apportent des éclairages différents selon le « type » de vulnérabilité pris en compte. En présentant à la fois les fragilités des étudiants et leurs capacités à les surmonter, l’ouvrage invite à être attentif aux façons d’agir sur l’environnement.

La notion de réussite dans les parcours d’études et pendant le processus d’insertion socioprofessionnelle y est également questionnée.

Vulnérabilité socioéconomique

Un premier article de Nathalie Beaupère et Xavier Collet (Université de Rennes) analyse les éléments suivants :

  • les difficultés financières des étudiants : l’impossibilité de faire face à ses besoins, ne pas manger à sa faim, devoir renoncer aux soins;
  • leurs conditions de vie : la nécessité de travailler, les difficultés concernant le logement, la perception de l’état de santé physique et psychologique;
  • l’isolement social : l’absence d’aide des proches et le sentiment de solitude.

L’article révèle que les étudiants aux conditions de vie les plus précaires ont été (ou se sont eux-mêmes) éliminés en cours de parcours, à la suite d’échecs, d’abandons, de réorientations.

Leur analyse montre également que les étudiants en situation de vulnérabilité ont deux fois plus de risques d’être exclus des examens de fin d’année que les autres.

Vulnérabilité scolaire

Le deuxième article rédigé par Carine Érard, Christine Guégnard et Magali Danner, de l’Institut de recherche sur l’éducation (IRED), fait référence aux étudiants fragilisés et perçus comme engagés dans une « voie d’échec ». Les auteurs se questionnent si ces jeunes ont le sentiment de prendre des risques et de devenir vulnérables en s’aventurant dans des orientations inattendues.

Un ensemble de données quantitatives et qualitatives permettent d’analyser leurs vulnérabilités au moment de la transition du lycée vers des études supérieures. L’article dévoile entre autres que « certains disposent d’armures, d’autres de boucliers, et d’autres entrent dans le jeu sans défense, à mains nues » (Soulet, 2008).

Vulnérabilité psychologique

À partir des données de l’enquête Génération 2010 du Céreq, Amélie Briffaux (Université de Lorraine) et Philippe Cordazzo (Université de Strasbourg) s’intéressent à l’insertion des étudiants qui sortent de l’enseignement supérieur, diplômés ou non.

Leurs résultats mettent en évidence de manière plutôt inattendue un avantage relatif des bacheliers de type professionnel par rapport aux autres bacheliers à risque de vulnérabilité.

Vulnérabilité de genre

Élise Tenret (Université Paris Dauphine) et Élise Verle (Sorbonne) analysent dans leur article les liens entre l’orientation scolaire, le sentiment de discrimination et l’expérience universitaire. Le sentiment de discrimination est-il lié à l’environnement universitaire, en particulier au ratio de sexe par filière ?

Les jeunes qui se sentent discriminés sont-ils moins intégrés à la communauté étudiante ? Font-ils davantage état d’absentéisme ? Exposent-ils des inquiétudes plus marquées par rapport à l’avenir ? Expriment-ils plus de « fragilités psychologiques » ?

Selon les auteures, le sentiment de discrimination est important à cerner, car il est lié à un certain nombre de fragilités qui pourraient entraver les trajectoires universitaires.

Vulnérabilité migratoire

L’article de Séverine Groult et Simon Macaire (Université de Bordeaux) vise à comprendre le lien entre les séjours d’études à l’étranger et les trajectoires académiques. Le degré d’autonomie de l’étudiant, comme le fait qu’il ait quitté le nid familial ou encore qu’il travaille, influencerait la mobilité à l’étranger.

Les séjours à l’étranger peuvent constituer un atout important pour le déroulement du projet d’études et l’obtention du diplôme. Ces séjours peuvent toutefois engendrer des situations de fragilisation lorsqu’ils deviennent un obstacle dans la validation du diplôme ou la poursuite des études.

Source :  Le Groupe de travail sur l’enseignement supérieur (GTES-Céreq) (2019). Vulnérabilités étudiantes, les chemins inattendus de la réussite. Marseille, Centre d’études et de recherches sur les qualifications (Céreq).

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