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Transition vers le marché du travail | Publication

8 janvier 2020 Universitaire

L’Association des étudiantes et des étudiants de Laval inscrits aux études supérieures (AELIÉS) a publié, en décembre dernier, un portrait de l’insertion professionnelle des titulaires d’un diplôme d’études doctorales de l’Université Laval.

Le nombre de titulaires d’un doctorat dans les universités canadiennes a connu une hausse importante dans les dernières décennies. De 2001 à 2011, ce taux a augmenté de 68 %.

Le mémoire rédigé par la chargée d’études Sofia Arsenii vise à mieux comprendre les réalités auxquelles sont exposées les titulaires d’un doctorat après leur diplomation. Pour ce faire, l’auteure a brossé un portrait de la population étudiante ayant décroché un diplôme de doctorat à l’Université Laval au cours des cinq dernières années.

Contexte actuel

La première partie du document présente la situation actuelle dans le milieu académique : très peu de titulaires d’un doctorat décrochent un poste de professeur, soit moins de 1/5 personne diplômée du doctorat. Ainsi, au Canada, 18,6 % des titulaires d’un doctorat occupent des postes de professeurs en milieu universitaire, comparativement à 40 % qui ont une carrière dans le secteur de l’enseignement postsecondaire.

En somme, les emplois de professeur ne constituent pas le principal débouché pour les titulaires d’un doctorat, alors que la formation doctorale de type recherche vise pourtant une telle finalité (p.7).

De manière générale, les résultats des recherches recensées par Arsenii permettent de dégager des tendances :

  • les titulaires d’un doctorat sont bien intégrés sur le marché du travail et une proportion importante d’entre eux détient un emploi à temps plein en lien avec les études réalisées;
  • il existe toutefois des écarts entre les sexes : les hommes présentent un taux d’intégration en emploi supérieur à celui des femmes et occupent plus souvent des emplois à temps plein;
  • les diplômés qui connaissent un faible taux d’emploi sont issus des sciences de la santé, une situation qui s’explique du fait qu’ils poursuivent en grand nombre des études postdoctorales;
  • le taux de placement le plus élevé pour les doctorants diplômés (en 2016) s’observe dans les domaines du droit, des sciences de l’éducation et des sciences humaines;
  • parmi les titulaires d’un doctorat occupant un emploi à temps plein, il existe un écart entre le salaire des femmes et des hommes, ces derniers ayant un salaire plus élevé que les premières;
  • le taux de placement selon les professions à l’intérieur de l’université demeure faible.

Dans ce contexte, des débats ont cours afin que la formation doctorale soit adaptée aux emplois des futurs titulaires d’un doctorat.

Arsenii présente dans ce mémoire plusieurs événements organisés au Canada et au Québec pour illustrer les démarches réalisées par différents organismes qui souhaitent, d’une part, réfléchir sur le lien entre la formation des doctorants et le marché du travail et, d’autre part, trouver des pistes de solutions possibles.

Image : Pixabay

Portrait des titulaires de doctorat de l’Université Laval

Plus de femmes (57 %) ont répondu au sondage que d’hommes (43 %). Les titulaires d’un diplôme en sciences sociales sont les plus représentés dans l’étude (n=67), de même que les titulaires d’un diplôme en sciences et génie (43). L’âge médian des répondants lors de leur diplomation est de 31,6 ans et la durée moyenne de leurs études doctorales est de six ans. La proportion des personnes ayant occupé un emploi pendant leurs études est élevée dans l’échantillon, soit 80,8 %.

Près de 65 % de l’échantillon occupait un emploi salarié à temps plein. La majorité des répondants œuvrent dans le secteur public (76 %), dans les sciences de la santé (19 %), dans les sciences humaines (22 %) ou appliquées (17 %), et ce, au Québec (77 %).

Ces résultats du sondage ne permettent pas de savoir combien de répondants ont décroché un emploi dans le milieu académique et non académique. Selon l’étude de Edge and Munro (2015), la plupart des titulaires d’un doctorat qui travaillent dans le milieu universitaire, mais qui n’ont pas un poste de professeur, occupent des emplois en assistanat de recherche et d’enseignement, en recherche postdoctorale ou en administration.

Compétences développées

L’analyse qualitative des commentaires reçus aux deux questions ouvertes du questionnaire a permis d’identifier les compétences indispensables pour la recherche d’emploi. Les futurs titulaires d’un doctorat doivent non seulement maitriser les compétences en lien avec leur domaine d’étude, mais aussi des compétences transversales, dont certaines sont en lien avec le développement personnel.

Les anciens diplômés suggèrent ainsi aux futurs doctorants diplômés :

  • d’avoir un plan de carrière, et ce, dès le moment où le choix est fait d’entreprendre un doctorat;
  • de créer et d’entretenir son réseau de contacts;
  • de gagner de l’expérience en multipliant les occasions d’apprentissage.

Enfin, Arsenii propose des recommandations à l’établissement, comme celle de mettre en place des mesures concrètes afin de favoriser les possibilités des carrières des titulaires d’un doctorat, dans le milieu académique comme celui non académique.

Pour en savoir plus : Arsenii, S. (2019). Portrait de l’insertion professionnelle des titulaires d’un diplômes d’études doctorales de l’Université Laval. Mémoire de l’AELIÉS, Université Laval.

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