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Transition interordre : de l’université au collégial | Publication

26 mai 2021 Collégial et universitaire

Katherine Wall, analyste principale au Centre canadien de la statistique de l’éducation de Statistique Canada, signe l’article « Obtention d’un certificat ou d’un diplôme d’études collégiales après l’obtention d’un baccalauréat? ». Publié dans la revue Regards sur la société canadienne de Statistique Canada, l’article présente les résultats d’une étude portant sur les transitions interordres non traditionnelles.

Image : Site web de Statistiques Canada

Cette publication présente « la prévalence, la nature et les résultats » (Wall, p. 2) du parcours de titulaires de baccalauréats canadiens récents (2010 à 2018) qui ont obtenu des « titres scolaires du niveau collégial » après leur baccalauréat. L’étude de Wall s’appuie sur les données du Système d’information sur les étudiants postsecondaires (SIEP) et du Recensement de la population de 2016 (ibid.).

Les cheminements scolaires non traditionnels sont de plus en plus fréquents. Selon des études consultées par l’autrice, ces parcours sont souvent le fait d’un changement de carrière, d’une requalification ou d’une incapacité à se trouver un emploi dans le domaine d’étude du baccalauréat, soit le plus souvent les « arts libéraux ».

Apports de l’étude

Cette étude novatrice, dans la mesure où elle s’appuie sur un large échantillon longitudinal à la grandeur du Canada. Précisément, l’étude se distingue par cinq aspects :

  • l’inclusion des diplômé·es qui ont obtenu leurs titres scolaires collégiaux plusieurs années après l’obtention de leur baccalauréat;
  • la comparaison des nouveaux diplômé·es collégiaux ayant un baccalauréat à ceux et celles qui n’en ont pas;
  • l’objet d’étude inédit, soit la transition interordre entre le baccalauréat et le collégial;
  • l’ampleur de l’échantillon permettant des liens entre les domaines d’études du baccalauréat et des titres scolaires collégiaux;
  • enfin, le lien entre la profession et le domaine d’études des baccalauréats et titres scolaires collégiaux permettant de mesurer la performance des diplômé·es sur le marché de l’emploi (Wall, p. 2-3).

Portrait de la population ciblée

« 1. Environ 14 % des récents diplômé·es collégiaux détenaient déjà un baccalauréat ou un diplôme d’études supérieur;

2. Dans la plupart des cas, les programmes collégiaux suivis par les titulaires d’un baccalauréat canadien ne remplaçaient pas le baccalauréat, mais offraient plutôt une application plus spécialisée et axée sur le marché du travail des compétences liées au domaine d’études du baccalauréat;

3. Les diplômé·es collégiaux détenant préalablement un baccalauréat étaient plus susceptibles que ceux qui n’en avaient pas d’étudier dans des programmes tels que la gestion des ressources humaines et services en ressources humaines et les spécialisations d’infirmiers autorisés, et moins susceptibles d’étudier dans les domaines des métiers ou des services de garde;

4. Les personnes détenant préalablement un baccalauréat canadien, et ayant obtenu un titre scolaire au niveau collégial à l’âge de 35 ans ou plus, étaient plus susceptibles que leurs homologues plus jeunes d’étudier dans des programmes semblables à ceux choisis par les diplômé·es collégiaux sans baccalauréat;

5. Les personnes détenant préalablement un baccalauréat canadien, et ayant obtenu un titre scolaire au niveau collégial avant l’âge de 35 ans, étaient quant à eux plus susceptibles d’étudier dans des domaines complémentaires rehaussant la valeur de leur baccalauréat;

6. Les diplômé·es collégiaux détenant préalablement un baccalauréat canadien occupaient souvent des emplois étroitement liés à leur domaine d’études collégiales. »

Wall, p. 1
Image : Canva

Des cas de figure révélateurs

Parmi les bachelier·ères en santé qui ont poursuivi leurs études au collégial, environ 40 % des diplômé·es possédaient un baccalauréat en sciences infirmières. Dans ce cas, le recours à une formation collégiale a ajouté une expertise aux diplômé·es.

Par ailleurs, un autre cas de figure de parcours du baccalauréat vers le collégial se révèle plutôt une « solution de rechange ». Des bachelier·ères qui ne réussissent pas à obtenir une accréditation professionnelle requise se dirigent vers une formation collégiale « de soutien » en lien avec le domaine du baccalauréat.

Constats

En somme, les diplômé·es collégiaux avec baccalauréat n’ont pas, dans l’ensemble, changé de domaine d’études en entamant des études collégiales post-baccalauréats. De plus, ils·elles ont réussi à s’intégrer dans le marché de l’emploi en travaillant dans un domaine lié à leurs études, tant universitaires que collégiales.

L’analyste principale précise que le fait d’ajouter un diplôme collégial à un titre de bachelier·ères ne discrédite en rien le second. Il ne s’agit pas pour les diplômé·es de remplacer une formation par une autre, mais d’ajouter une plus-value à un cursus scolaire qui devient promesse de meilleurs emplois. (Wall, p. 11)

Référence : Wall, K. (2021). Obtention d’un certificat ou d’un diplôme d’études collégiales après l’obtention d’un baccalauréat. Regards sur la société canadienne. Ottawa : Statistique Canada, 16 p.

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