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Réussite et inclusion des étudiant·es internationaux·ales | Résultats

21 mai 2021 Universitaire

Le rapport de recherche intitulé « Les étudiant·es internationaux·ales (ÉI) dans le réseau des universités du Québec : pour une meilleure connaissance des interactions en contexte interculturel » a retenu l’attention du CAPRES. La recherche novatrice a été réalisée par une équipe multidisciplinaire et interuniversitaire de chercheur·euses, sous la direction de Farrah Bérubé, professeure à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), et subventionnée par le Fonds de développement académique du réseau (FODAR).

Le nombre d’étudiant·es internationaux·ales (ÉI) au pays s’est accru depuis quelques années comme un écho à l’ampleur des mouvements migratoires transnationaux. À ce titre, le rapport contient deux statistiques éloquentes.

1. Celle du Bureau canadien de l’éducation internationale (BCEI, 2019), selon laquelle il y aurait eu 571 215 ÉI au Canada (tous les cycles) en 2018, soit 16 % de plus qu’en 2017;
2. celle du ministère de l’Enseignement supérieur du Québec, selon laquelle de 2009-2010 à 2018-2019, on a observé une augmentation de 82,1 % de la communauté ÉI dans le réseau québécois, soit de 25 498 en 2009-2010 à 46 438 en 2018-2019.

Bérubé et al., 2021, p. 1

Recherche inédite

Cette recherche « exploratoire », menée en 2019-2020, est inédite au regard de son intérêt pour les ressources d’accueil et l’accompagnement proposé aux ÉI dans cinq universités du réseau de l’Université du Québec (UQ) : UQTR, UQAC, UQAR, UQO et UQAM. Elle se distingue également pour avoir recueilli les témoignages des principaux acteur·trices gravitant autour des ÉI.

Interactions interculturelles, réussite et resocialisation des ÉI sous la loupe

L’équipe de recherche s’est donc intéressée spécifiquement aux interactions interculturelles des ÉI. L’enquête réalisée auprès des ÉI, des étudiants locaux (ÉL) et des professionnel·les de l’enseignement visait à cerner leurs perceptions des vécus interculturels des ÉI, tant sur le campus qu’à l’extérieur de celui-ci. Le rapport de recherche contient également un portrait des facteurs influant sur la réussite et la resocialisation des ÉI.

Méthodologie

D’emblée, un portrait des cinq établissements retenus a été réalisé à partir de rapports annuels, de sites Web, de la documentation des services aux étudiant·es, de dossiers de presse et des statistiques du réseau de l’UQ.

Afin de réaliser leur enquête, les chercheur·euses ont privilégié des entretiens de groupe et individuels semi-dirigés filmés auprès d’ÉI, d’ÉL et de professionnel·les de l’enseignement, sans distinction de cycles ou de programmes d’étude. Fait à noter : une grande partie des participant·es recruté·es se sont avéré·es déjà sensibilisé·es aux enjeux vécus par les ÉI.

Image : Canva

Les entretiens se sont déroulés autour de cinq thèmes : « la réussite scolaire; la collaboration avec les ÉL et les professionnel·les; la communication interculturelle; la sécurité psychosociale; le vécu, les perceptions et les besoins au fil du processus migratoire » (Bérubé et al., 2021, p. 84).

Deux principaux modèles d’interprétation des résultats ont été retenus : le modèle écosystémique du développement humain de Bronfenbrenner (1994) et celui privilégiant une perspective écologique de l’immigration en région de Vatz Laaroussi et Belkhodja (2012).

Approche conceptuelle

Le rapport témoigne du souci de l’équipe de recherche de conceptualiser finement leur enquête, à commencer par la notion d’étudiant·es internationaux·ales. Parmi les thèmes clairement définis : migrant·e, réfugié·e, ÉI, resocialisation, inclusion, choc culturel, société ou milieu d’accueil, diversité, convivialité, actes à poser, interculturel, interaction, situation récurrente ou incident critique, nœud, cohésion sociale et compétences interculturelles.

Résultats

Les nombreux facteurs positifs et négatifs concernant la réussite et la resocialisation sont présentés au regard de six thèmes : rentrée, en classe, interactions et communication, hors campus, épuisement et stress, avec le temps. Chaque thème possède son lot de facteurs tant positifs que négatifs, mais le thème « en classe » retient l’attention de l’équipe du CAPRES.

En somme, sont considérés comme des facteurs favorisant la réussite et la resocialisation dans le contexte des interactions en classe, d’une part : le dévouement des enseignants et du personnel du campus, les modes d’évaluation et le mode participatif plus humain de l’enseignement au Québec. D’autre part, sont considérés comme des facteurs nuisant à la réussite et à la resocialisation : les travaux d’équipe, la maîtrise lacunaire des codes de la culture académique québécoise, la gestion du temps (par rapport au rythme des sessions québécoises), le stress de performance et, enfin, la notion de réussite variant en fonction de l’origine des ÉI (Faits saillants du Rapport Bérubé et al., p. 3).

Pistes de solution

L’équipe de recherche propose plusieurs pistes de solution concernant les enjeux qui ressortent de leur analyse, soit « les services aux ÉI, la socialisation ÉI-EL, les interactions en classe, les préjugés et stéréotypes, l’arrivée tardive des ÉI, les cultures académiques différentes, la réussite scolaire différente selon les groupes, l’isolement et le manque d’activités sociales, la méconnaissance de la langue française pour certains, les travaux d’équipe » (Faits saillants, Bérubé et al., p. 4).

Pistes relatives aux services aux étudiant·es internationaux·ales (SAÉI) :

1. « Investir dans les services aux ÉI en fonction des frais de scolarité payés;

2. Offrir, notamment, des services de travailleur social, d’orientation, de soins infirmiers, d’interprétation communautaire et de médiation;

3. Offrir un suivi individualisé sur les plans académiques et psychosociaux;

4. Établir des filets de sécurité pour les ÉI avant qu’ils ne se retrouvent devant un mur et plusieurs échecs;

5. Mettre en place l’imputabilité de l’établissement quant à la réussite ou l’échec;

6. Communiquer davantage ce qui est proposé, voire dans une autre langue que le français;

7. Engager dans les différents services plus de personnes qui viennent de l’étranger et qui sont sensibilisées aux questions qui touchent les ÉI. »

Faits saillants du Rapport Bérubé et al., 2021, p. 4

Le rapport se termine (section 6) par des suggestions des participant·es à l’enquête. En bref, il ressort le constat de lacunes quant aux services adaptés aux ÉI sur les campus et celui de la nécessité d’une imputabilité des établissements quant à la réussite étudiante.

Références : Bérubé, F. (dir.) (2021). Les étudiant·es internationaux·ales (ÉI) dans le réseau des universités du Québec : pour une meilleure connaissance des interactions en contexte interculturel. Québec : Réseau de l’UQ, 201 p.

Faits saillants du Rapport.

Bronfenbrenner, U. (1994). Ecological models of human development. Dans T. Neville Postlethwaite et H. Torsten (dir.), International encyclopedia of education (2e éd., p. 1643-1647). Oxford : Pergamon Press.

Vatz Laaroussi, M. et Belkhodja, C. (2012). Introduction : Les défis d’une approche internationale sur un phénomène local, voire marginal. Dans C. Belkhodja et M. Vatz Laaroussi (dir.), Immigration hors des grands centres. Enjeux, politiques et pratiques dans cinq états fédéraux (p. 1-26). Paris : L’Harmattan.

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