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Mieux comprendre la persévérance au doctorat | Résultats de recherche

24 novembre 2021 Universitaire

Les résultats d’une recherche réalisée par la chercheuse Geneviève Belleville (École de psychologie, Université Laval) montrent que l’anxiété, le perfectionnisme et la procrastination sont des facteurs importants — et modifiables — dans la compréhension de la motivation et la persévérance des doctorant·es.

Cette étude, qui s’inscrit dans le Programme de recherche sur la persévérance et la réussite scolaires des Fonds de recherche du Québec, a également été réalisée par les co-chercheurs Guillaume Foldes-Busque (École de psychologie), Frédéric Guay (Faculté des sciences de l’éducation) et Philip Jackson (École de psychologie), tous de l’Université Laval.

L’enquête longitudinale (2016-2021) menée auprès de plus de 500 doctorant·es vise notamment à comprendre les raisons derrière les taux d’abandon élevés (40 à 60 %) des études de 3e cycle.

Image : Canva

Le cercle vicieux du perfectionnisme, de l’anxiété et de la procrastination

Les résultats de la recherche permettent de conclure que l’anxiété, le perfectionnisme (la recherche de hauts standards et les préoccupations perfectionnistes) et la procrastination (le fait de remettre à plus tard) influencent la motivation et la persévérance au doctorat (Belleville, 2021).

L’étude montre que le fait d’établir des standards irréalistes et d’entretenir des préoccupations perfectionnistes (avoir une peur excessive de commettre une erreur, par exemple) peuvent créer de l’anxiété, particulièrement en ce qui concerne rédaction de la thèse (ibid.).

Cette forte anxiété peut mener à l’adoption de comportements d’évitement et de procrastination, qui alimentent quant à eux les préoccupations perfectionnistes et maintient ou augmente le niveau d’anxiété (ibid.).

Selon Belleville (2021), examiner ce cercle vicieux permet de comprendre l’évolution du bien-être des étudiant·es au doctorat et d’identifier des manières d’intervenir.

L’une des pistes de solution décrite dans la recherche est la reconnaissance, par les doctorant·es, du lien entre l’anxiété, le perfectionnisme et la procrastination et de son impact sur leur motivation et leur persévérance (ibid.). Les doctorant·es pourraient identifier des stratégies visant à diminuer les comportements anxieux, perfectionnistes et procrastinateurs (par exemple, la technique Pomodoro, des ateliers, des outils et retraites de rédaction, comme ceux organisés par Thèsez-vous?) (ibid).

L’adéquation entre les attentes et les besoins des doctorant·es

Selon Belleville (2021), le soutien des directions de recherche envers les doctorant·es doit faire l’objet d’une attention particulière. Les résultats de sa recherche montrent en effet que des échanges marqués par la collaboration et le soutien peuvent contribuer à bonifier l’alliance de travail.

Les témoignages recueillis dans le cadre de l’étude illustrent la diversité des stratégies d’encadrement utilisées par les directions de recherche, souvent développées par essais et erreurs (ibid.). Ces témoignages révèlent à quel point « l’adéquation entre les stratégies utilisées et les attentes et besoins des doctorant·es en termes d’encadrement et soutien à la rédaction » (ibid.) est importante.

Une autre piste de solution identifiée par Belleville (2021) est la reconnaissance, par les directions de recherche, des signes d’anxiété, de perfectionnisme et de procrastination chez les doctorant·es. Une discussion ouverte sur ces signes peut ainsi contribuer à améliorer l’alliance de travail entre les deux parties.

Les doctorant·es interrogé·es soulignent l’importance d’une direction de recherche impliquée dans la relation d’encadrement, notamment en se mettant d’accord avec l’étudiant·e sur les buts et les tâches à réaliser et en lui offrant des marques de soutien et de validation (ibid.).

Reconnaitre les défis particuliers du 3e cycle

Les établissements universitaires ont également un rôle à jouer pour diminuer l’anxiété, le perfectionnisme et la procrastination des doctorant·es, en reconnaissant les défis particuliers à ce cycle d’études. Cela peut prendre la forme d’une offre spécifique destinée aux doctorant·es, aux directions de recherche et au personnel qui œuvre pour leur réussite.

Belleville (2021) propose ainsi le développement :

  • de formations sur l’anxiété, le perfectionnisme et la procrastination pour les doctorant·es et les différents corps d’emploi (professoral, conseil pédagogique, gestion, etc.);
  • d’outils et de services comme un plan de collaboration, des services de consultation et de médiation ou des retraites de rédaction, dans le but de favoriser une bonne relation d’encadrement;
  • des ressources spécialisées pour réduire et gérer l’anxiété chez les étudiant·es, organisées selon un modèle de soins à paliers adapté au contexte universitaire de l’information en ligne jusqu’à des partenariats avec le système de santé publique.

Consulter le rapport de recherche complet

Référence : Belleville, G. (2021). Éduqués et stressés : Étude sur les doctorants québécois. Résumé du rapport « Déterminants des trajectoires d’anxiété, de perfectionnisme et de procrastination menant à l’abandon des études chez les doctorants ». Programme Actions concertées du Fonds de recherche Société et culture. Québec, 5 p.

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