RSS Linkedin Youtube
Ouvrir le menu

Partagez cet article

Identification des croyances associées à la persévérance à l’université

24 mars 2016 Universitaire

Une recherche qualitative menée à l’Université de Louvain s’est intéressée à l’identification des croyances associées à la persévérance en première année à l’université.

Les chercheures, N. Roland et M. Frenay, ont mené cette étude auprès d’une cohorte d’étudiants en psychologie au moyen de questionnaires visant à identifier des croyances de types différents. Selon les chercheures, plusieurs recherches se sont penchées sur les déterminants de la persévérance, mais peu sur les croyances. Elle ont fait le pari que connaître les croyances concernant la persévérance pourrait permettre de mieux comprendre cette dernière. Identifier clairement ces croyances serait une première étape cruciale. Il semblait donc important de tenter d’identifier ces croyances afin d’envisager la persévérance sous un nouvel angle et de disposer d’éventuels facteurs explicatifs.

Comment définit-on la persévérance?  Roland et Frenay définissent la persévérance par les aspects suivants: une forme d’engagement comportemental envers les études; le fait de continuer une action, une tâche, même si des difficultés se présentent; un processus en place tout au long de l’année et qui se traduit par une multitude de comportements. La persévérance s’observe par des mesures d’engagement comportemental; par la durée pendant laquelle un étudiant reste inscrit dans l’institution, mais également par l’obtention d’un diplôme. Elle est aussi une mesure de l’effort fourni par l’étudiant en cours d’année (par exemple : la participation aux cours, aux travaux pratiques et aux séances d’exercices, le nombre d’heures passées à étudier pendant la semaine et pendant les fins de semaine, etc.). L’intention de persévérer est aussi prise en considération comme étant une mesure plus motivationnelle que les autres.

Les 5 types de croyances. Sur la base de théories comportementales, les chercheures ont identifié cinq types de croyances à partir desquelles elles ont  interrogé les étudiants.

  • Croyances comportementales: en listant les avantages possibles de la persévérance.
  • Croyances normatives: en listant les personnes qui jouent un rôle déterminant dans leur persévérance.
  • Croyances injonctives: en listant les catégories de personnes qui pourraient penser que l’étudiant doit persévérer dans ces études.
  • Croyances descriptives: en listant, parmi leurs connaissances qui ont vécu une expérience universitaire, celles qui, lorsqu’elles ont rencontré des difficultés, ont abandonné leurs études.
  • Croyances de contrôle: en listant les facteurs ou les conditions qui facilitent leur persévérance et ceux qui ne les font pas persévérer.

Au sein de ces croyances, trois sous-thématiques ont été distinguées :

  • les croyances liées au plaisir de persévérer (par exemple : apprendre des choses intéressantes),
  • les croyances liées à l’utilité de persévérer (par exemple : obtenir un diplôme),
  • les croyances liées à des dimensions plus personnelles des étudiants (par exemple : être fier de soi).

La valeur perçue de la tâche. Roland et Frenay font un rapprochement entre ces croyances et le concept de valeur perçue d’une tâche issue de la théorie attentes-valeur d’Eccles et Wigfield (2002). La valeur perçue est ce qu’un individu pense qu’une tâche peut lui apporter personnellement. La valeur perçue est influencée par quatre composantes :

  1. l’importance que la personne accorde à la tâche,
  2. l’intérêt qu’elle a pour la tâche,
  3. l’utilité qu’elle y trouve,
  4. les coûts associés à la réalisation de la tâche.

« Les croyances mises en évidence dans l’étude pourraient être vues comme des antécédents des quatre composantes de la valeur perçue d’une tâche. Par exemple, être fier de soi renforcera sans doute l’importance que l’étudiant accorde à la persévérance dans ses études. De même, apprendre des choses intéressantes pourrait permettre à l’étudiant de développer de l’intérêt pour ses études et par conséquent renforcer sa persévérance. Obtenir un diplôme pourrait renforcer le sentiment d’utilité lié aux études et par conséquent renforcer sa persévérance. »

Conformément à ce qui a déjà été observé dans d’autres écrits, ce sont les parents, les frères et sœurs et les amis qui semblent avoir la plus grande incidence sur les étudiants.

« Cette influence peut se traduire de différentes manières. En effet, un étudiant peut percevoir un soutien, une pression ou encore des attentes explicites de la part de son entourage. Il peut également avoir la sensation que son entourage nourrit des attentes par rapport à lui, sans que cela ait été clairement exprimé. Quoi qu’il en soit, ces différentes formes d’influences ont un impact sur le comportement de l’étudiant. »

Même s’il est clair que certaines des croyances a priori des chercheurs peuvent correspondre aux croyances réelles des étudiants, les chercheures ont observé qu’un nombre important de croyances mises en évidence dans leur étude n’avaient jamais été prises en compte dans les recherches. Connaître ces différentes croyances pourrait permettre de comprendre avec plus de finesse la persévérance et d’identifier les perceptions associées à la persévérance chez les étudiants en première année à l’université.

Enfin, Roland et Frenay se questionnement à savoir si les croyances mises en évidence semblent liées à la persévérance, mais ont-elles un réel impact sur cette dernière ?

Elles font le pari qu’agir sur les croyances permettrait d’intervenir plus en amont de ce qui conduit un étudiant à persévérer ou au contraire à abandonner et concluent en mentionnant que:

Une manière de modifier une croyance est de faire prendre conscience à une personne de l’absence de cohérence qui existe entre ses croyances et ses valeurs. La prise de conscience de cette absence de cohérence est un moteur de changement de croyances.

Document(s)

Mots-clés: -

© 2021 CAPRES all rights reserved / tous droits réservés