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Le Cégep de Sept-Îles présente sa classe d’apprentissage actif à « faible technologie »

29 novembre 2017 Collégial

Alors que nombre d’établissements d’enseignement supérieur misent sur les nouvelles technologies pour favoriser l’interaction entre les étudiants, notamment lorsque sont conçues des salles vouées au travail d’équipe, d’autres établissements choisissent plutôt de mettre l’accent sur l’aspect interactivité.

Dans un récent article publié sur le site Profweb, Sharon Coyle, une enseignante du Cégep de Sept-Îles, nous présente le cas original de son établissement et de sa salle d’apprentissage actif (CLAAC) à « faible technologie » inaugurée à l’hiver 2017.

Répondre aux besoins différemment

C’est de façon bien délibérée que le Cégep de Sept-Îles a décidé de mettre l’accent sur l’aspect interactif plutôt que sur la technologie, au moment de développer sa CLAAC. Cela ne signifie pas pour autant l’abandon de la technologie. En effet, comme le mentionne Coyle, il s’agit plutôt d’adopter une approche « low tech ».

La conception de cette CLAAC s’échelonne sur 5 ans et repose sur des observations faites au cours de cette période :

  • L’importance de l’espace en général et de l’espace pour bouger et se déplacer en particulier ;
  • Pour travailler confortablement, il faut veiller à contrôler la température et les appareils électroniques rendent la chose plus difficile ;
  • Le bruit peut être un élément perturbateur. Ainsi, il faut porter une attention spéciale à l’acoustique d’une CLAAC ;
  • Il faut bien réfléchir au type de tables choisies. Si les grandes tables offrent plus d’espace pour s’installer, elles favorisent la dispersion et la hausse du niveau sonore ;
  • Les stations de travail peuvent constituer des obstacles nuisibles au développement de conversation.

Passer des observations à l’implantation

Forte de ses observations réalisées lors de visites de CLAAC implantées dans d’autres établissements et d’une bonne base théorique, Mme Coyle a approché l’administration du Cégep ainsi que les services techniques et d’approvisionnement du collège. Elle a dû négocier et défendre sa vision, laquelle s’appuyait sur des considérations pédagogiques.

Les autres parties prenantes du collège ont également été interpelées. Les professeurs ont par exemple été contactés, via un sondage en ligne, pour savoir quelle proportion avait recours à l’apprentissage actif.

Un groupe de travail (de 6 personnes) a également été constitué afin de pouvoir croiser les points de vue et les expériences.

Ce que la salle inclut

La CLAAC du Cégep de Sept-Îles comporte les éléments suivants :

  • 5 tableaux blancs (certains sur les murs et d’autres à roulettes) ;
  • Des chaises pivotantes sur roulettes ;
  • Des tables trapézoïdales et minces ;
  • Un poste de travail à hauteur réglable pour l’enseignante ou l’enseignant ;
  • Un projecteur et des haut-parleurs comme dans les classes conventionnelles.

Pourquoi moins de technologie?

Les raisons pour opter pour une approche « low tech » sont multiples :

  • Amoindrir le stress d’avoir à employer la technologie en tout temps ;
  • Moins coûteux ;
  • Limite les ennuis liés à l’obsolescence des technologies ;
  • Les tableaux blancs interactifs présentent souvent des problèmes de comptabilité (marques et modèles différents) et sont rarement utilisés à leur plein potentiel.

Moins s’appuyer sur les technologies ne signifie pas de s’en passer complètement. Ainsi, la CLAAC peut facilement accueillir des chariots pour ordinateurs portables. L’usage de iPad est aussi possible facilement.

L’avantage d’opter pour l’interactivité comme élément structurant

Les avantages sont multiples :

  • Les étudiants comprennent qu’on peut collaborer de multiples manières dans cet espace ;
  • Il n’y a pas de distraction liée aux technologies. Celles-ci ne sont utilisées que pour favoriser l’apprentissage ;
  • Il y a une meilleure continuité entre les différents espaces puisque les étudiants y utilisent les mêmes plateformes ;
  • Plus de flexibilité dans l’organisation physique de l’espace.

Les premiers pas

Des notes ont été prises afin de documenter les premiers pas de la CLAAC. Les problèmes et leurs solutions ont été inscrits dans un dossier en ligne. Pour bien se familiariser avec la salle et éviter les problèmes potentiels liés à la gestion de classe et à la gestion du temps, les enseignants ont eu droit à une période supplémentaire dans la CLAAC. Cela leur a permis d’explorer et de planifier leurs activités.

Les astuces pour élaborer son propre projet de CLAAC

Mme Coyle termine son article par quelques conseils permettant de mener à bien son propre projet de CLAAC :

  • Former un groupe de travail qui permettra d’impliquer d’autres enseignants et l’administration ;
  • Identifier ses besoins spécifiques et faire des recherches ;
  • Ne pas hésiter à reproduire ce qui se fait ailleurs si cela correspond aux besoins ;
  • Garder la pédagogie au cœur du projet (la technologie doit passer au second rang) ;
  • Obtenir une libération pour mener le projet à terme.

L’enseignant du Cégep de Sept-Îles conclut en disant qu’il ne faut pas se demander ce qu’on « dira » aux étudiants, mais plutôt ce que ceux-ci pourraient « faire » pour atteindre les objectifs d’apprentissage.

 

Pour accéder directement à l’article de Profweb

 

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