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À propos de la formation duale

8 avril 2016 Collégial

S’intéressant aux formules d’enseignement ayant des impacts prometteurs sur la persévérance et la réussite scolaires, le CAPRES attire votre attention sur la formation duale qui est populaire en Allemagne et en Suisse.

L’Observatoire compétences-emplois (OCE) propose dans son bulletin de mars 2016 un dossier qui présente des caractéristiques de la formation duale: La formation duale de l’Allemagne et de la Suisse : caractéristiques qui étonnent et détonnent du point de vue nord-américain.

On y apprend que la formation duale, qui est populaire en Allemagne et en Suisse, est au coeur d’un système d’apprentissage axé sur la formation en entreprise des apprentis favorisant l’adéquation formation-emploi. « Elle s’apparente davantage aux programmes d’apprentissage canadiens qu’aux programmes d’alternance travail-études de l’école québécoise. La majeure partie de la formation duale se déroule en entreprise (60% à 70%) complémentée par une formation en école sur les savoirs généraux, théoriques et techniques indispensables à l’exercice d’un métier. Outre, l’importance donnée dans le mode de formation duale à la formation en entreprise, la particularité de ce système, c’est l’articulation étroite des deux lieux de formation. Que la formation professionnelle soit donnée dans l’école (mode « scolaire ») ou dans l’entreprise (mode « dual »), il n’y a pour la formation à un même métier qu’un seul curriculum et qu’un seul plan de formation. Et dans le cas de la formation sous le modèle « dual », les deux lieux (école et entreprise) fonctionnent en tandem pour l’organisation des horaires des apprentis, alternant les séquences de formation sur une base hebdomadaire. (…) Dans les deux pays, le nombre de programmes offerts par ce système est considérable : 328 en Allemagne et 250 en Suisse. Et il y a des programmes dans tous les secteurs d’activités économiques.

La réalité québécoise est inverse sur presque tous ces paramètres. Notre enseignement professionnel et technique est organisé selon le modèle dit « scolaire ». Alors que dans le modèle dual (…) la formation professionnelle ou technique proprement dite se fait dans l’entreprise et par un personnel spécialisé de l’entreprise, chez nous la formation professionnelle ou technique, se fait dans les institutions scolaires et par le personnel spécialisé de ces institutions.

Une courte vidéo provenant de Francetv info sur l’apprentissage en Suisse illustre l’ampleur du phénomène.

Quelques caractéristiques extraites du dossier de l’OCE:

  • L’Allemagne et la Suisse ne font pas la distinction entre formation professionnelle et technique. La formation duale prépare aux métiers semi-spécialisés, spécialisés et techniques dans une progression fluide où l’on acquiert les prérequis pour le niveau supérieur, rendant visibles les chemins de mobilité professionnelle dans un secteur d’activités. Pour le dire dans les mots d’une réalité que nous connaissons, le DEP-DEC est un passage courant.
  • La formation professionnelle se fait dans des écoles professionnelles selon le modèle dit « scolaire » ou selon la forme duale. Dans la forme duale, la formation se fait dans les entreprises et par les entreprises, l’école jouant un rôle de formation (formation générale, formation théorique) complémentaire. Que cette formation ait été donnée dans les écoles professionnelles ou dans l’entreprise, les élèves ou apprentis suivent le même curriculum d’études et subissent les mêmes examens de certification.
  • En Suisse, la Loi sur la formation professionnelle oblige les partenaires sociaux à réviser les programmes aux cinq ans et le processus d’ingénierie de formation donne une large part à la prévision des tendances. La gouvernance de la formation professionnelle est tripartite: état, région, partenaires sociaux. Au Québec, les partenaires sociaux y jouent un rôle, important certes, mais consultatif dans l’élaboration des programmes qui sont sous l’égide du ministère de l’Éducation.
  • En Allemagne, les entreprises investissent une moyenne de 15 000 euros par année en salaire pour l’apprenti, le formateur et les frais d’immobilisation et de fonctionnement. Les trois quarts de cette somme sont amortis à la troisième année où l’apprenti devient productif pour les entreprises. La formation duale est aussi financée par les pouvoirs publics à hauteur d’un même montant.
  • En Allemagne, et c’est aussi vrai en Suisse, un grand nombre de petites et moyennes entreprises participent au système dual : 52% ont moins de 10 employés.
  • Au Québec lorsque des stages sont prévus dans les programmes, ils ne représentent qu’une faible portion du temps : autour de 20% dans le cas des programmes d’alternance travail-études et beaucoup moins dans le cas des stages traditionnels, sauf dans les programmes de la santé et des services sociaux où ils peuvent atteindre 40%, voire 60%.

Pour en savoir davantage sur la formation duale et ses caractéristiques, visitez le site de l’OCE qui exerce une veille active sur l’adéquation formation-emploi et les systèmes étrangers qui la favorisent. Une banque de vidéos présente des conférences intéressantes. Enfin, nous attirons votre attention sur cet autre article: Des innovations québécoises au potentiel prometteur.

 

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