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Université de Montréal : soutenir l’accès et la persévérance des étudiant·es noir·es en médecine | Pratique inspirante

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Pour citer ce dossier : CAPRES (2021). Persévérance en enseignement supérieur. En ligne : http://www.capres.ca/dossiers/perseverance-motivation

Les étudiant·es des communautés noires inscrit·es dans les programmes de médecine sont sous-représenté·es : alors qu’elles représentent 8,4 % de la population des 15-24 ans en 2019 dans la région métropolitaine de Montréal[1], 1,7 % des personnes admises en médecine à l’Université de Montréal étaient noires[2].

La difficulté pour les jeunes noir·es à se projeter dans la profession de médecin découle en grande partie d’une sous-représentation des personnes noires dans le corps médical (Rao et Flores, 2017). De plus, une fois admis·es dans le programme, les futur·es médecins noir·es rencontrent de nombreux obstacles, dont des actes de racisme et des microagressions commis par leurs collègues et par leurs superviseur·es (Thyma, 2021).

Le programme interordres « Accès médecine »

En accord avec sa mission de responsabilité sociale, le programme d’études médicales de premier cycle de l’Université de Montréal réserve trois places par année à des candidat·es issu·es d’un milieu à faible revenu (Université de Montréal, 2021).

Afin de faciliter l’accessibilité des personnes noires dans le programme de médecine et de soutenir leur persévérance, l’Université de Montréal a mis sur pied le programme Accès médecine avec l’équipe du Projet SEUR (Sensibilisation aux Études, à l’Université et à la Recherche) en collaboration avec l’aile jeunesse de l’Association médicale des personnes noires du Québec.

Ce partenariat, né en 2019, s’inscrit dans « la démarche d’actualisation de la politique d’équité et de diversité » (Projet SEUR, 2021) de la Faculté de médecine. Plus précisément, Accès médecine « constitue une action structurante visant à améliorer la diversité ethnique, culturelle et socioéconomique des futur·es candidat·es à l’admission à la Faculté de médecine » (ibid.).

Le public cible de ce programme interordres est les jeunes des communautés noires qui fréquentent un établissement d’enseignement collégial ou secondaire situé dans un milieu défavorisé et/ou multiethnique et qui ont un intérêt pour la médecine ou les sciences de la santé. Il s’agit d’un projet d’accompagnement et de sensibilisation dans lequel les plus jeunes sont jumelé·es avec des étudiant·es en médecine de l’Université de Montréal. Les mentor·es font découvrir les études de médecine, entre autres, par des conférences, des ateliers (la lecture des signes vitaux, par exemple) et des visites dans les hôpitaux et sur le campus. Il s’agit donc d’un programme qui les aide à s’imaginer dans le rôle d’un médecin, selon le Dr Jean-Michel Leduc, président du comité équité et diversité de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal (cité par Glauser, 2020).

L’ensemble des interactions avec les jeunes intéressé·es par les professions médicales permettent également de construire un accompagnement personnalisé dans lequel l’étudiant·e encourage l’élève tout au long de son parcours académique (Thyma, 2021), en vue de soutenir sa persévérance malgré les obstacles rencontrés.

L’étudiant·e en médecine offre aussi à l’élève intéressé·e une préparation à ses futurs examens d’admission dans le programme de médecine. Ces séances de préparation pour le dépôt de sa candidature et la passation des examens valent actuellement des milliers de dollars, alors que plusieurs familles des communautés noires issues de milieux défavorisés ne possèdent pas ces sommes (Thyma, 2021).

Les processus d’admission actuels des facultés et des écoles de médecine favoriseraient les personnes privilégiées sur le plan économique qui peuvent assumer les frais pour l’embauche d’une personne tutrice, faire du bénévolat ou accepter des emplois peu rémunérés dans un domaine médical en vue de bonifier leur curriculum vitae (Glauser, 2020).

Un mouvement nord-américain

Ce type de mesures institutionnelles pour favoriser l’accessibilité et la persévérance des personnes noires dans des programmes de médecine s’inscrit dans un mouvement de diversification du corps médical démarré d’abord aux États-Unis (Student National Medical Association) et qui s’est ensuite étendu au Canada (Association canadienne des étudiants noirs en médecine/Black Medical Student Association of Canada).

Une étude menée en 2018 par l’Association des facultés de médecine du Canada (AFMC) a révélé que 63 % des étudiant·es en médecine provenaient d’une famille gagnant plus de 100 000 $ par année et que seulement 7 % avaient grandi dans une famille au revenu annuel inférieur à 40 000 $ (citée par Glauser, 2020). L’AFMC a donc créé le Groupe de réflexion sur l’avenir des admissions au Canada afin de conseiller les facultés et les écoles de médecine sur la façon de diversifier les admissions (ibid.).

Persévérer malgré les obstacles

En 2020, le pourcentage des personnes noires admises en médecine à l’Université de Montréal est passé de 1,7 % (2019) à 3,1 %[3]. Cependant, une fois admis·es, les futur·es médecins noir·es rencontrent de nombreux obstacles, dont des actes de racisme et des microagressions commis par leurs collègues ou leurs superviseur·es. Thyma (2021) identifie des pistes de solution pour soutenir les étudiant·es noir·es durant leur parcours scolaire en médecine :

  • offrir une formation longitudinale aux étudiant·es et au corps professoral portant sur les biais inconscients, les stéréotypes ethniques et le racisme;
  • miser sur l’importance pour le corps professoral de reconnaître les situations de racisme et de prendre le temps d’en discuter avec les étudiant·es qui en sont victimes;
  • miser sur le rôle des établissements d’enseignement dans la formation du corps professoral afin de les outiller à soutenir les victimes de microagressions ou de racisme;
  • mettre en place et publiciser des ressources pour les personnes racisées victimes de racisme;
  • offrir un environnement d’apprentissage inclusif.

Le premier Forum citoyen sur la représentation des étudiantes et des étudiants issus des communautés noires dans les sciences de la santé s’est tenu le 14 avril 2021, en collaboration avec l’Université de Montréal, l’Association médicale des personnes de race noire du Québec et l’Université McGill. L’objectif de ce Forum est de réformer le processus d’admission actuel afin de le rendre plus équitable. Les recommandations et les pistes d’action identifiées seront diffusées notamment par le Sommet socioéconomique pour le développement des jeunes des communautés noires, un réseau ayant pour mission de contribuer à l’essor économique et social du Québec en se concentrant plus spécifiquement sur l’apport des jeunes des communautés noires.


[1] Données de Statistique Canada, citées par Thyma (2021).

[2] Données tirées de questionnaires anonymes distribués auprès des étudiant·es nouvellement admis·es en médecine, citées par Thyma (2021).

[3] Données tirées de questionnaires anonymes distribués auprès des étudiant·es nouvellement admis·es en médecine, citées par Thyma (2021).


Pour aller plus loin – Sites web, outils, articles et références du dossier

Cette page est une section du dossier CAPRES Persévérance en enseignement supérieur

Pour citer ce dossier : CAPRES (2021). Persévérance en enseignement supérieur. En ligne : http://www.capres.ca/dossiers/perseverance-motivation

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