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Diversité sexuelle et de genre, de quoi parle-t-on ? | Notions clés

Pour citer ce dossier : CAPRES (2020). Diversité sexuelle et de genre en enseignement supérieur. En ligne : http://www.capres.ca/dossiers/diversite-de-genre

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Afin d’illustrer la diversité sexuelle et de genre, l’organisme AlterHéros reprend la licorne du genre dessinée par Landyn Pan pour l’organisme américain Trans Student Educationnal Ressources. La licorne présente quatre concepts qui s’inscrivent dans des continuums dépassant la logique binaire (identité de genre, expression/présentation du genre, attirance sexuelle et attirance sentimentale/émotionnelle) :

Image : Landyn Pan pour Trans Educationnal Ressources, repris par AlterHéros

Ce personnage et ses quatre concepts basés sur des continuums permettent de prendre en compte la multitude de façons d’être une femme, un homme, un mélange des deux ou un autre genre : neutre,  gender queer, agenre, bigenre, etc., ainsi que les multiples attirances possibles sexuelle et/ou amoureuse. Ces axes sont indépendants les uns des autres, et toutes les combinaisons sont possibles, d’où la notion de « diversité » : une femme trans lesbienne ou encore une personne non-binaire attirée par les hommes dans sa vie sexuelle.

Dans cette même perspective, ce court lexique[1] ne vise pas à statuer sur la terminologie précise, mais plutôt à brosser un portrait des diverses réalités (ibid.) afin d’aider les équipes professionnelles, enseignantes et gestionnaires des établissements d’enseignement supérieur à mieux soutenir la persévérance et la réussite des étudiant·e·s.

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Asexuel·le : Personne qui ne ressent pas d’attirance sexuelle (Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, 2018).

Bisexuel·le :Personne qui ressent de l’attirance pour des personnes de deux genres ou plus.

Bispirituel·le : Dans certaines communautés autochtones, une personne au sein de laquelle coexistent des esprits masculin et féminin. En raison de cette dualité (c’est-à-dire l’esprit masculin et l’esprit féminin), les personnes bispirituelles sont considérées comme ayant un don (Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, 2018). Chaque communauté autochtone a sa propre définition de la bispiritualité, notamment en ce qui a trait à la dimension spirituelle. La bispiritualité ne peut être réduite aux seules dimensions que sont l’orientation sexuelle, l’identité de genre et l’expression de genre (Dubuc, 2017).

Cisgenre (cis) : Personne cisgenre (cis) qui s’identifie au sexe qui lui a été assigné à la naissance (Pullen Sansfaçon, Duclos et Hélio, 2019). Son identité de genre correspond à l’expression de son genre (Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, 2018). La cisnormativité est la croyance qu’être cisgenre est la norme valide et que la binarité des sexes (homme, femme) doit servir de référence pour la détermination de ce qui est normal (valide) ou non (Dubuc, 2017).

Expression de genre : Il s’agit de l’apparence de ce que notre société́ qualifie de féminin ou de masculin (vêtements, coiffure, maquillage, langage corporel, etc.) sans égard au genre de la personne. Les deux pôles de cet axe correspondent aux représentations stéréotypées du féminin et du masculin telles que les véhiculent nos sociétés. Entre ces deux pôles, on retrouve toutes les possibilités de l’expression de genre. L’expression de genre n’est pas nécessairement la manifestation de l’identité de genre de la personne et peut varier chez une même personne (ibid.).

Il n’y a pas de lien direct entre l’identité de genre d’une personne et son expression de genre; par exemple, une personne qui possède une identité de genre féminine est une femme même si elle a une expression de genre correspondant aux stéréotypes masculins.

Pullen Sansfaçon, Duclos et Hélio, 2019

Fluidité de genre : Être fluide dans le genre veut dire avoir une identité de genre qui change dans le temps, que ce soit en fonction de caractéristiques identifiables (humeur, temps qu’il fait, relations interpersonnelles, etc.) ou non.

Hétéronormatif/vité : Présomption que l’hétérosexualité est la norme valide, et que les relations hétérosexuelles sont la référence pour la détermination de ce qui est normal (valide) ou non (Dubuc, 2017). L’hétérosexisme est la présomption que chaque personne est hétérosexuelle et que l’hétérosexualité est supérieure à toute autre orientation sexuelle (ibid.).

Identité de genre : Expérience individuelle du genre d’une personne qui correspond ou non au sexe assigné à la naissance (Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, 2018). Ce rapport intime que la personne entretient avec son genre peut changer avec le temps, car le genre se situe dans un spectre large : une personne peut être masculine (typé homme), féminine (typé femme) ou non-binaire (Pullen Sansfaçon, Duclos et Hélio, 2019).

Parce qu’il s’agit d’un sentiment profond, seule la personne peut affirmer son identité (auto-identification) et s’engager, s’il y a lieu, dans un parcours d’affirmation de genre qui lui convient.

Dubuc, 2017

Intersectionnalité : Cumul de différentes formes de domination ou de discrimination vécues par une personne, fondées notamment sur son origine, son sexe, son âge, sa religion, son orientation sexuelle, sa classe sociale ou ses capacités physiques, qui entraîne une augmentation des préjudices (Office québécois de la langue française, 2019).  

Intersexe : Personne dont le corps sexué est considéré comme ambigu par le milieu médical. Les personnes intersexes sont souvent forcées à subir des interventions médicales non consenties (chirurgies génitales, hormonothérapie, etc.) dès leur plus jeune âge afin que leur corps se conforme mieux aux attentes médicales envers les hommes et les femmes (Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, 2018).

Mégenrer : Désigne le fait d’utiliser, intentionnellement ou non, les mauvais pronoms et accords de genre en parlant d’une personne ou en s’adressant à elle (Pullen Sansfaçon, Duclos et Hélio, 2019).

Micro-agressions : Affronts, rebuffades ou insultes verbales, non verbales et environnementales quotidiens, intentionnels ou non intentionnels, qui communiquent des messages hostiles, dérogatoires ou négatifs ciblant des personnes précises, sur la base de leur appartenance à un groupe marginalisé (traduction libre de Sue, 2010). Le fait de mégenrer la personne, par exemple, peut être considéré comme une micro-agression.

Non-binaire : Personne dont l’identité de genre ne s’inscrit pas dans la logique binaire homme/femme. Il est possible que cette personne s’identifie aussi comme étant une personne trans ou non.

Il est à noter que le terme « non-binaire » avec un trait d’union est à privilégier, puisqu’il s’agit presque toujours d’un adjectif (on dit une personne non-binaire, tout comme une personne trans). De plus, il s’agit d’un terme qui s’est lexicalisé, c’est-à-dire qu’on sa signification dépasse le fait qu’on ne soit pas binaire; être non-binaire est une identité en soi. 

Être une personne non-binaire n’est pas exclusif au fait d’être une personne trans, mais il n’est pas obligatoire de s’identifier comme une personne trans pour être une personne non-binaire (Pullen Sansfaçon, Duclos et Hélio, 2019).

Pansexuel·le : Personne qui ressent une attirance physique et/ou émotionnelle pour autrui, peu importe son identité de genre. À ne pas confondre avec une personne bisexuel·le, qui ressent une attirance amoureuse, affective et/ou sexuelle pour les hommes et pour les femmes (Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, 2018).

Sexe assigné à la naissance : Le sexe est assigné à la naissance en se basant sur les organes génitaux externes d’une personne. Pour certaines personnes, l’identité de genre peut être différente du sexe assigné à la naissance et cette incongruence entre le sexe et l’identité de genre peut engendrer chez elles une souffrance ou une détresse (Pullen Sansfaçon, Duclos et Hélio, 2019). À noter que le sexe assigné à la naissance n’est pas nécessairement le même que la mention de sexe légale.

Prénom choisi : Prénom qu’une personne choisit d’utiliser dans sa vie quotidienne, peu importe son prénom de naissance. Une personne trans peut choisir de changer son prénom ou de garder celui qui lui a été donné à sa naissance tout comme elle peut décider d’utiliser un autre prénom (ibid.).

Trans : Personne dont le genre ne correspond pas au sexe qui lui a été assigné à la naissance. Par exemple, un homme trans est une personne dont le sexe assigné à la naissance est celui de femme. La transitude désigne le fait d’être une personne trans, les termes transsexualité ou transgenrisme étant considérés comme inadéquats par plusieurs personnes trans (ibid.).

De ce fait, le mot trans est un terme générique qui regroupe un vaste éventail d’identités de genre et de comportements non conformistes : par exemple, les personnes trans qui s’identifient au genre homme ou femme, mais aussi les personnes qui s’identifient à un genre en dehors ou quelque part entre les extrêmes de la binarité homme/femme.

Table nationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie des réseaux de l’éducation, 2018

[1] La liste des définitions (par ordre alphabétique) n’est pas exhaustive. Certains termes répertoriés sont relativement nouveaux, mais les réalités qu’ils décrivent ne le sont pas; à titre d’illustration, la pansexualité ou encore les personnes non-binaires ont toujours existé, mais des mots permettent maintenant de désigner leurs réalités (Dubuc, 2017).

Pour aller plus loinSites web, outils, articles et références du dossier

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Pour citer ce dossier : CAPRES (2020). Diversité sexuelle et de genre en enseignement supérieur. En ligne : http://www.capres.ca/dossiers/diversite-de-genre

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