Le CAPRES devient l'Observatoire sur la réussite en enseignement supérieur (ORES).

Nous travaillons actuellement à la création d'une nouvelle plateforme qui présentera des contenus plus pertinents que jamais. Restez à l'affût: oresquebec.ca sera mis en ligne à l'hiver 2023!

RSS Linkedin Youtube
Ouvrir le menu

Partagez cet article

Santé mentale des étudiantes et des étudiants internationaux | Résultats de recherche

27 septembre 2022 Universitaire

Deux chercheuses ont sondé la population étudiante internationale d’une grande université australienne au sujet des manières dont celle-ci pourrait améliorer leur bien-être.

Dans l’article International Students’ Suggestions for What Universities Can Do to Better Support Their Mental Wellbeing, paru dans Journal of International Student, Samantha Marangell et Chi Baik (Université de Melbourne, Australie), présentent les résultats d’une recherche menée auprès de plus six cents personnes venues étudier dans la métropole australienne.

Explorer les expériences subjectives

Les étudiantes et les étudiants internationaux (ÉI) représentent 38 % des inscriptions de l’Université de Melbourne (p.938). Afin d’explorer leur bien-être et leur niveau de détresse psychologique, une enquête sur leurs expériences a été menée dans l’établissement, et ce, avant la pandémie de COVID-19.

Cette enquête était principalement quantitative, mais comportait également une question ouverte permettant de recueillir des idées sur ce que l’université pourrait faire pour améliorer leur bien-être (p.939). Cet article découle donc d’une analyse qualitative des réponses à cette question ouverte, en vue d’explorer à la fois l’expérience subjective des participantes et des participants, mais aussi de tenir compte de leurs suggestions dans l’élaboration de mesures de soutien.

Principaux constats

Les chercheuses Samantha Marangell et Chi Baik confirment dans cette recherche que l’amélioration du bien-être des étudiantes et des étudiants internationaux passe par l’amélioration de leurs expériences en classe (p.941).

À l’instar d’études précédentes qui ont montré un lien étroit entre l’expérience de cours et le bien-être, cette recherche montre que certains aspects de l’environnement immédiat pourraient être améliorés pour mieux soutenir leur bien-être. Marangell et Baik (2022) développent cette idée en mettant l’accent sur le rôle des relations sociales au sein du milieu d’études, en particulier les relations avec le personnel enseignant.

Sur plan de l’enseignement et de l’apprentissage

Du point de vue des participantes et de participants, les professeurs et les professeures ont le potentiel d’améliorer et de soutenir leur bien-être ou, au contraire, d’avoir un effet négatif sur leur santé mentale.

Les suggestions les plus fréquemment mentionnées pour améliorer leur bien-être sont liées à l’enseignement et à l’environnement d’apprentissage : par exemple, la qualité du retour d’information, la clarté des explications et la qualité perçue de la présentation des cours (ibid.).  

L’accessibilité du corps enseignant et l’intérêt qu’il manifeste envers ses étudiantes et ses étudiants sont perçus comme des facteurs importants pour améliorer le bien-être. Dans une recherche précédente, Baik et al. (2019) avaient d’ailleurs montré que de bonnes pratiques d’enseignement pouvaient réduire le stress des personnes étudiantes et soutenir leur sentiment général de bien-être (p.944).

Image : Canva

Sur le plan du sentiment d’appartenance

Les résultats de cette recherche confirment le lien étroit entre le sentiment d’appartenance des ÉI et leur bien-être.

Le corps professoral a un rôle clé à jouer dans la promotion du sentiment d’appartenance, notamment en montrant de l’intérêt envers les ÉI et en créant des environnements d’apprentissage bienveillants et empathiques.

(Wilson et al., 2018 dans Marangell et Baik, 2022, p.949).

Sur le plan de l’utilisation des services en général

Un autre défi bien connu des établissements est de s’assurer que les personnes ayant besoin d’un soutien demandent de l’aide, d’une part, et accèdent aux services, d’autre part.

Certains des commentaires concernent un meilleur accès aux services existants. D’autres concernent les besoins particuliers des ÉI, notamment les services visant à développer les compétences dans la langue de l’établissement ou l’aide à la compréhension des exigences en matière de permis et de visas, par exemple (p.944).

Sur le plan des services en santé mentale en particulier

Des ÉI ont mis l’accent sur l’importance d’améliorer les services de première ligne en santé mentale, de mieux faire connaître les ressources existantes et de mieux comprendre la stigmatisation en matière de santé mentale. Un ensemble notable de commentaires mentionnait la nécessité d’un meilleur accès aux services de conseil existants, le fait qu’il n’y avait pas assez de plages de rendez-vous disponibles et que le nombre de séances de conseil offertes était trop faible (p.945).

Contrairement à d’autres études (par exemple, Shadowen et al., 2019 ; Skromanis et al., 2018) qui suggèrent que les ÉI sont moins susceptibles que la population étudiante locale de demander de l’aide pour des problèmes liés à la santé mentale, cette recherche révèle qu’une plus grande proportion des premiers utilise les services en santé mentale de l’université que les deuxièmes (p.949).

Tenir compte des voix étudiantes

L’isolement, l’incertitude et l’augmentation de la détresse psychologique en général ont certainement marqué les expériences de mobilité internationale dans les dernières années. Dans la mesure où cette recherche a été menée avant la pandémie de Covid-19, elle n’a pas pu mettre en lumière la détresse vécue par la population étudiante internationale lors la crise sanitaire. Les chercheuses Samantha Marangell et Chi Baik estiment que de nouvelles recherches portant sur la santé mentale des ÉI sont nécessaires dans le contexte postpandémique (p.950).

Par ailleurs, en tenant compte des voix étudiantes, cette recherche contribue à améliorer la compréhension des réalités et des obstacles rencontrés par les ÉI pendant leur parcours dans leur université d’accueil (ibid.). Il s’agit d’aspects précieux dont les établissements d’enseignement supérieur devraient tenir compte pour mieux soutenir le bien-être de cette population étudiante.

Référence

Marangell, S. et Baik, C. (2022). International Students’ Suggestions for What Universities Can Do to Better Support Their Mental WellbeingJournal of International Students12(4), 933–954. https://doi.org/10.32674/jis.v12i4.3877

Mots-clés: -

© 2022 CAPRES all rights reserved / tous droits réservés