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Santé mentale aux cycles supérieurs | Outil

10 mai 2021 Universitaire

Le Centre d’innovation en santé mentale sur les campus (CISMC), en Ontario, a récemment lancé un guide pratique sur la santé mentale des étudiant·es aux cycles supérieurs.

Selon ce guide du CISMC, lorsque la sensibilisation aux bienfaits de bonnes pratiques en santé mentale ne suffit plus, il faut susciter la réflexion et proposer des pistes d’action, voire des ressources, pour soutenir la santé mentale des étudiant·es aux cycles supérieurs.

Pourquoi cibler la santé mentale des étudiant·es aux cycles supérieurs?

Selon plusieurs études, l’état de leur santé mentale devient préoccupant.

« Aux États-Unis, les résultats du National College Health Assessment (NCHA) de 2019 indiquent que parmi quelque 13 000 étudiantes et étudiants inscrits à un programme de cycle supérieur dans une université ou une école professionnelle, 64 % estiment avoir vécu un niveau de stress général “plus élevé que la moyenne” ou “considérable” au cours des 12 mois précédents. »

NCHA, Graduate & Professional Student Reference Group, 2019, cité dans le guide pratique du CISMC

Les étudiant·es aux cycles supérieurs ont un profil distinct des étudiant·es des autres cycles, notamment en raison de leur âge, de leur situation financière, de leur situation matrimoniale, de leur culture et de leur citoyenneté. Souvent, ils sont à la fois employé·es et étudiant·es de leur université. Ces traits distinctifs rendent leur vécu en santé mentale tout aussi distinctif.

Solidarité des conditions étudiantes en contexte de pandémie

D’entrée de jeu, le CISMC ne prétend pas à l’exhaustivité dans la présentation des ressources en santé mentale pour les étudiant·es aux cycles supérieurs. De fait, ces derniers ont un profil fort varié qui requiert une « approche multidimensionnelle ». Cela dit, une lecture du guide dévoile sa pertinence pour les étudiant·es des cycles supérieurs du Québec.

La pandémie a fait ressortir une solidarité des conditions entre les communautés étudiantes, qu’elles soient ontariennes ou québécoises. D’ailleurs, une section du guide propose des pistes d’action pour contrer les effets néfastes de la pandémie sur les études aux cycles supérieurs; par exemple, faire preuve de souplesse, s’attaquer aux inégalités générées par la pandémie, miser sur des formules de cours hybrides, et, enfin, développer l’offre de soutien officiel et informel aux étudiant·es.

Facteurs de détérioration de la santé mentale

Image : Canva

Les facteurs de détérioration de la santé mentale des étudiant·es aux cycles supérieurs identifiés dans ce guide se déclinent ainsi :

  • isolement social;
  • crainte par rapport aux perspectives d’emploi;
  • niveau de dépression et d’anxiété plus élevé que la moyenne;
  • stress proportionnel à la charge de travail;
  • sources de travail multiples (enseignement, recherche, travaux et évaluation en continu);
  • conflits avec les directions de recherche.

Les auteur·trices du guide insistent sur la relation avec les directions de recherche comme point névralgique influençant grandement la santé mentale étudiante. Comprendre l’importance de cette relation permet de mesurer à quel point le soutien à offrir aux étudiant·es dépasse les services traditionnels, comme la psychologie ou le counseling, et doit inclure le corps professoral, selon le CISMC.

Quelques recommandations

Le guide reproduit des « recommandations pour la mise en place de politiques ou de programmes », suggérées par la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants-Ontario et la National Association of Student Personnel Administrators :

« 1. [Adopter] un horaire de counseling souple;

2. [Développer] de la formation sur les problématiques particulières aux études de cycle supérieur;

3. [Utiliser] des locaux distincts et discrets pour les services de counseling;

4. Adopter la cybersanté mentale et en faire la promotion;

5. [Offrir] du soutien ciblé en fonction des différentes phases du parcours d’études;

6. Inclure les problématiques propres aux cycles supérieurs dans une démarche globale de promotion de la santé mentale;

7. Renforcer la collaboration avec les services de développement de carrière du campus. »

Site web du CISMC

Des ressources inspirantes

Pratiques de mentorat, résultats de rapports de recherche, vadémécum pour entretenir de bonnes relations avec la direction de recherche, groupe de soutien par vidéoconférence pour les doctorant·es, ressources pour démystifier « ensemble » les enjeux de santé mentale, groupe d’aide à la rédaction sont quelques-unes des ressources incluses dans ce guide. On y retrouve notamment : 

  • un article web sur le mentorat inclusif des étudiant·es aux cycles supérieurs (en anglais);
  • un guide de mentorat à l’intention du corps professoral (en anglais);
  • un rapport sur la santé mentale des étudiant·es aux cycles supérieurs (en anglais);
  • résultats et recommandations provenant d’une évaluation des besoins des étudiant·es aux cycles supérieurs en psychologie de l’Université d’Ottawa;
  • des balises pour de bonnes relations dans le cadre de la direction de recherche (en anglais);
  • un site web éducatif Plus forts ensemble;
  • un guide d’implantation d’un groupe de soutien par vidéoconférence pour les chercheur·euses de niveau doctoral (en anglais);
  • un guide pour la création d’un groupe de rédaction de mémoire ou de thèse efficace (en anglais).

Référence : CISMC (2019). La santé mentale des étudiantes et des étudiants aux cycles supérieurs : guide pratique. Toronto (Ontario).

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