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Consommation de substances psychoactives à l’université | Résultats (1/2)

19 mars 2021 Universitaire

Deux articles ont retenu l’attention de l’équipe du CAPRES dans le plus récent numéro (décembre 2020) de la revue Drogues et Société et portent tous deux sur l’utilisation de substances psychoactives par les étudiant·es de niveau postsecondaire. Nous vous présentons ici une synthèse des résultats d’une première étude réalisée par une équipe de recherche de l’Université Saint-Boniface (Manitoba).

Le premier de ces articles, intitulé Utilisation de produits psychoactifs pour améliorer la performance intellectuelle ou physique en milieu postsecondaire, a été rédigé par Ndeye Rokhaya Gueye, Danielle de Moissac, Babou Kinkumba et Stéfan Delaquis.

Dans un contexte où la consommation de stimulants chez les jeunes adultes est une préoccupation grandissante, en particulier pour les établissements d’enseignement supérieur, cette équipe de recherche a examiné l’utilisation des substances psychoactives et les motivations de cette utilisation.  

Un échantillon de 469 personnes étudiantes de l’Université de Saint-Boniface (établissement francophone) âgées de 18 à 24 ans ont rempli un questionnaire portant sur leur consommation d’alcool et de tabac, leur utilisation des produits dopants et les motivations de cette utilisation. Des analyses ont également permis d’examiner les associations entre la consommation de ces produits et certaines variables socioéconomiques.

Principaux résultats

Image : Canva

Consommation de substances

Les trois quarts des répondant·es ont consommé au moins un produit autre que l’alcool au cours de la dernière année pour améliorer leur performance physique ou intellectuelle. Ces produits incluent, entre autres, le cannabis (25 %), les boissons énergisantes (38 %), les suppléments de protéines et de créatine (22 %) et les comprimés de caféine (13 %).

Les prévalences de consommation de produits psychoactifs chez les étudiant·es, que ce soit l’alcool, le cannabis, le tabac et les boissons énergisantes, sont très élevées. Ce constat confirme les conclusions d’autres études canadiennes démontrant que les prévalences de la consommation de ces substances sont beaucoup plus élevées chez les jeunes adultes, dont la population étudiante de premier cycle, que dans les autres groupes d’âge de la population canadienne.

Par ailleurs, les taux de consommation de drogues, de boissons énergisantes et de suppléments au cours de la dernière année sont plus élevés chez les hommes que chez les femmes.

En ce qui concerne la consommation combinée d’alcool et de boissons énergisantes, une personne étudiante sur quatre interrogée a admis avoir consommé un tel mélange au cours de l’année précédant cette étude, et ce, malgré le fait que le gouvernement fédéral ait émis des mises en garde sur les risques de cette association.

Motivations de consommation des produits dopants

Les motivations à consommer des substances psychoactives dépendent des produits consommés. Les produits dopants sont souvent utilisés pour combattre la fatigue physique, rester éveillé·e, réduire le stress, passer de longues heures à étudier, obtenir de bonnes notes aux examens et améliorer la concentration.

L’influence des variables sociodémographiques et des motivations

Une contribution importante de cette étude est de faire des associations entre la consommation de comprimés de caféine, de boissons énergisantes, des mélanges d’alcool et de boissons énergisantes ou encore d’alcool et de drogues avec le groupe ethnolinguistique (franco-manitobain·es, anglophones ou francophones d’un autre pays francophone).

L’étude montre que les étudiant·es francophones d’un autre pays francophone, principalement originaires de l’Afrique, sont plus à risque de consommer des boissons énergisantes que les francophones et les anglophones du Manitoba.

Notons toutefois que les étudiant·es anglophones étaient plus susceptibles de consommer des comprimés de caféine et des mélanges d’alcool et de boissons énergisantes ou d’alcool et de drogues que les deux autres groupes. En plus des défis liés à la pression académique en milieu universitaire, ils font face à un autre défi, celui d’étudier dans une langue seconde. Il est possible que la consommation de ces substances soit associée à une insécurité linguistique.

Recommandations

Les résultats de cette recherche suggèrent qu’il importe de réfléchir à la gestion de ces comportements et de mettre en œuvre des stratégies de prévention. Il est crucial d’inclure les étudiant·es lors des discussions qui portent sur leur santé et les stratégies déployées pour les informer, les éduquer et les aider.

Des stratégies de sensibilisation aux dangers de consommer de tels produits doivent être développées sur les campus des universités canadiennes selon les pratiques des étudiant·es de diverses origines ethnolinguistiques et auprès des populations vulnérables.

Référence : Gueye, N. R., de Moissac, D., Kinkumba, B. & Delaquis, S. (2020). Utilisation de produits psychoactifs pour améliorer la performance intellectuelle ou physique en milieu postsecondaire. Drogues, santé et société, 18 (2), 68–94.

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