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La situation précaire des étudiants des cycles supérieurs | Publication

1 avril 2020 Universitaire

La pandémie révèle des inégalités dans la population étudiante, notamment chez les étudiants des cycles supérieurs.

Dans un récent article publié par The Chronicle of Higher Education, la journaliste Megan Zahneis montre que les étudiants des 2e et 3e cycle sont confrontés à un ensemble de défis, dont le souci de terminer leurs études à temps et des problèmes financiers urgents.

Alors que les projecteurs mettent en lumière les réalités vécues par les étudiants de 1er cycle, Zahneis rappelle que les étudiants gradués ne doivent pas être oubliés et qu’une prise de conscience de leur précarité s’impose dans ce contexte d’incertitude.

Réalité financière

De nombreux étudiants de 2e et 3e cycle qui occupent un emploi rémunéré ont vu leur lieu de travail fermer dans les dernières semaines, alors qu’ils sont indépendants financièrement et vivent en appartement. Leur précarité financière s’est accrue. Le paiement du loyer des prochains mois devient un enjeu majeur pour plusieurs d’entre eux.

Si plusieurs personnes vivent des difficultés financières présentement, certains groupes de la population – dont les étudiants de 2e et 3e cycle universitaire – se retrouvent davantage fragilisés compte tenu de conditions de vie déjà précaires avant la pandémie et la crise économique.

Selon les étudiants des cycles supérieurs interviewés par Zahneis, une aide financière est nécessaire maintenant, et non dans quelques mois. En effet, plusieurs étudiants gradués ne disposent d’aucune réserve ou de coussin de sécurité.

Lieux de recherche fermés

Afin d’illustrer la réalité vécue par ces étudiants, Zahneis fait état dans son article du cas d’Alejandro Guardado, un étudiant de 2e cycle en histoire à l’Université d’État de Californie. Son travail de recherche consiste à éplucher des archives mexicaines à la bibliothèque de son institution d’enseignement.

Or, depuis que son campus est fermé, l’étudiant hésite entre le fait d’ignorer ces documents majeurs pour son mémoire ou acheter certains d’entre eux sur Amazon, à ses frais.

Guardado, qui travaille 35 heures par semaine dans un supermarché local, est inquiet de son exposition possible à COVID-19, alors qu’il habite avec sa mère diabétique et ses frères et sœurs. À la maison, il est difficile pour lui de se concentrer pour travailler son mémoire de maîtrise alors que la bibliothèque est fermée, de même que les cafés de son quartier.

Photo prise par LinkedIn Sales Navigator (Canvas)

L’étudiant prévoyait entamer des études doctorales à l’automne 2020, mais doute de la faisabilité logistique et financière de son projet.

Double statut d’étudiant-employé

La pandémie a mis en lumière la position hybride qu’occupent les étudiants diplômés qui sont à l’emploi de l’université. Un étudiant de 3e cycle qui n’est pas autorisé à revenir sur le campus doit-il retourner au travail dans son laboratoire situé sur ce même campus?

Certains chercheurs de Duke University (Caroline du Nord), préoccupés par le maintien du financement des subventions ou par le maintien de la titularisation, ont ainsi demandé à des étudiants diplômés de continuer à venir travailler, même après que l’administration ait ordonné l’arrêt des recherches non essentielles.

De plus, certains travaux de recherche doivent être reportés, en raison de l’impossibilité de réaliser des cueillettes de données sur le terrain ou auprès de populations spécifiques. Les étudiants touchés s’inquiètent du refinancement de leurs travaux l’été prochain, moment habituel de la cueillette de données.

Études supérieures et « normalité »

Certains étudiants interviewés par Zahneis espèrent que cette pandémie remettra en question les normes acceptées des études supérieures, comme celles relatives à la durée des études, à la passation des examens, à la rédaction et au dépôt du mémoire ou de la thèse, etc.

En effet, dans le meilleur des cas, le calendrier des bourses et des dépôts suppose une bonne situation financière, une famille en bonne santé, l’absence de responsabilités de soins envers des enfants ou des aînés, une bonne santé physique et mentale, etc.

Le nouveau contexte d’incertitude découlant de cette pandémie mondiale pourrait donc être l’occasion de prendre conscience que la réalité des études supérieures comporte des iniquités socioéconomiques.

Consulter l’article de The Chronicle of Higher Education

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