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Inégalités socioéconomiques chez les étudiant·es en médecine | Résultats de recherche

20 avril 2022 Universitaire

Une équipe de recherche américaine s’intéresse au revenu parental des étudiant·es en voie d’inscription en médecine, de même qu’à la diversité socioéconomique au sein de cette discipline.

Les résultats de cette étude, repérée par Scott Jaschik du média numérique Inside Higher Ed, montrent que les 5 % des revenus familiaux les plus élevés sont surreprésentés chez les étudiant·es en médecine, y compris chez les personnes étudiantes noires et latinos-américaines.

Quatre groupes ethnoculturels représentent près de 93 % de l’échantillon : 21 % de personnes d’origine asiatique; 6 % de personnes noires, 11 % de personnes d’origine hispanique et 54 % de personnes blanches d’origine caucasienne.

Image : Canva

La diversité socioéconomique, une forme moins visible

Shahriar, Puram, Miller, Sagi, Castañón-Gonzalez, Prasad et Crichlow (2022) ont analysé les revenus des parents de 44 903 futur·es étudiant·es en médecine. Ces données ont été recueillies entre 2017 et 2019 auprès d’étudiant·es ayant répondu à un questionnaire de l’Association of American Medical Colleges.

Les résultats de leur analyse, publiés par le JAMA Network Open, montrent que la moitié (50,5 %) des étudiant·es interrogé·es ont des parents dont le revenu se situe au quintile supérieur des ménages américains. De plus, près du quart (24 %) d’entre eux ont des parents dont le revenu se situe dans les 5 % les plus riches.

Ce constat est valable chez tous les groupes ethnoculturels, ce qui incite l’équipe de recherche à souligner l’importance de la diversité socioéconomique, une forme moins visible de diversité (p.1).

L’inaccessibilité pour certaines populations

Dans les dernières années, de nombreuses recherches ont mis en lumière le manque de diversité ethnoculturelle dans les facultés de médecine. Selon Shahriar et al. (2022), une explication de cette absence pourrait résider dans l’inaccessibilité de la profession médicale pour les étudiant·es à faible revenu, qui sont aussi souvent des personnes racisées (p.2).

En somme, un statut socio-économique « faible » réduirait considérablement la probabilité qu’un·e étudiant·e ayant de l’intérêt pour les études médicales pose sa candidature ou soit accepté·e dans une faculté de médecine (ibid.).

Quelques pistes d’action pour les établissements

Certains obstacles à l’accessibilité pour les personnes issues de familles à faible revenu peuvent être contournés. L’équipe de recherche propose notamment que les facultés de médecine procèdent à un examen du désavantage socioéconomique de chaque candidat·e au cours du processus d’admission.

Ces étudiant·es pourraient rencontrer davantage de difficultés financières que leurs collègues issu·es de ménages favorisés, difficultés financières qui peuvent affecter la réussite des études.

Shahriar et ses collègues (2022) suggèrent ainsi qu’un suivi du soutien financier soit mis en place spécifiquement pour ceux et celles qui ont un désavantage économique, et ce, tout au long de leur parcours en enseignement supérieur.

Référence :

Shahriar A., Puram V., Miller J.M., Sagi, V., Castañón-Gonzalez, L., Prasad, S. et Crichlow, R. (2022). Socioeconomic Diversity of the Matriculating US Medical Student Body by Race, Ethnicity, and Sex, 2017-2019JAMA Netw Open, 5(3), 1-5.

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