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Personnes immigrantes, inclusion et réussite scolaire | Publication

2 juin 2021 Collégial et universitaire

Le Conseil supérieur de l’éducation (CSE) vient de publier un Avis intitulé « L’inclusion des familles immigrantes : pour une synergie accrue en éducation des adultes. » Selon le CSE, l’éducation des adultes serait un vecteur potentiel d’inclusion qu’il faut mieux adapter aux besoins des personnes immigrantes.

À défaut d’obtenir une reconnaissance de leurs acquis professionnels ou en vue de l’actualisation de certaines compétences langagières et numériques par exemple, un retour aux études, souvent au collégial ou à l’université, constitue un passage obligé pour plusieurs personnes immigrantes.

Image : page couverture de l’Avis du Conseil supérieur de l’éducation

La recherche

L’Avis résulte d’une consultation auprès d’une soixantaine de personnes immigrantes au Québec. Afin de se qualifier pour la recherche, ces personnes devaient être âgées de 18 ans ou plus, vivre au Québec depuis au moins deux ans, être arrivées au Canada depuis 2010 ou après, et, enfin, « avoir été admises en vertu des catégories de l’immigration économique, du regroupement familial ou de l’immigration humanitaire ou encore avoir déposé une demande d’asile » (Avis, 2021, p. 214).

De plus, 80 représentant·es d’organisations du système éducatif québécois, dont 13 collèges et cinq universités, ont participé à la recherche (Sommaire, 2021, p. 2). L’annexe 4 intitulée « Consultations réalisées » (Avis, 2021, p. 209) présente de manière détaillée la méthodologie de la recherche.

Contexte et enjeux

Si le Québec est une terre d’accueil, les immigrant·es constituent une richesse et leur inclusion réussie s’avère cruciale pour au moins quatre raisons : la démographie, la main-d’œuvre, la vitalité du français et, enfin, l’innovation sociale et économique (Sommaire, 2021, p. 3).

« Le système éducatif, conceptualisé dans un sens large, fait partie des moyens proposés pour favoriser l’inclusion des personnes immigrantes. Les éléments de ce système qui s’adressent aux adultes jouent d’ailleurs un rôle central dans les parcours des familles qui ont été rencontrées. L’efficacité et le caractère inclusif de cette action éducative sont donc primordiaux et demandent d’être examinés. »

CSE (Sommaire), 2021, p. 3

Ainsi, l’inclusion des familles immigrantes passe par une meilleure intégration au système éducatif québécois. Un retour aux études des personnes immigrantes, afin de s’insérer dans le milieu professionnel souhaité, constitue un phénomène largement répandu au Québec. Par exemple, 40,9 % des répondant·es de l’étude (ayant presque tous et toutes obtenu leur résidence permanente depuis 30 mois environ) avaient décidé de suivre un programme menant à une diplomation :

• 39,5 % visaient un diplôme universitaire;

• 26,9 % visaient un diplôme d’études collégiales;

• 22,9 % visaient un diplôme d’études professionnelles.

Données de l’Enquête sur les cheminements d’intégration au marché du travail des personnes immigrantes nouvellement arrivées (ECINA), citées dans CSE (Avis), 2021, p. 23

De l’offre à l’action éducative

L’offre éducative pour les immigrant·es fraye large : « apprentissage du français, fonctionnement des institutions, actualisation des compétences, connaissance de ses droits et de ses responsabilités, reconnaissance des acquis et de l’expérience » (Sommaire, 2021, p. 4). Cela dit, l’Avis fait ressortir la complexité de cette offre et la nécessité d’une plus grande « cohérence » dans l’action gouvernementale.

En effet, les témoignages des personnes immigrantes sur leurs parcours ont permis de sonder la performance du système éducatif québécois et de répondre à cette question : est-ce que le système d’éducation permet réellement l’inclusion et la réussite scolaire des familles immigrantes? Selon l’Avis, pour se faire, l’action éducative doit tenir compte de la diversité et de la singularité des profils migratoires.

Image : Conseil supérieur de l’éducation (Avis), 2021, p. 35

« À cet égard, la situation des femmes immigrantes est préoccupante, puisque les responsabilités familiales freinent souvent leurs parcours et peuvent entraver leurs démarches éducatives. »

CSE (Sommaire), 2021, p. 5

De plus, l’action éducative doit considérer la situation socio-économique de la famille immigrante. Par exemple, la précarité de certaines familles immigrantes constitue un facteur pouvant influencer le choix d’un parcours éducatif fait en mode d’urgence, plutôt qu’en mode d’adéquation avec des aspirations profondes (Napperon, 2021, p. 1).

À noter : l’annexe 3 de l’Avis (p. 200-208), intitulé « Grille de description de l’offre éducative pouvant soutenir l’inclusion des personnes immigrantes », offre deux types de tableaux intéressants : les services de soutien issus du système éducatif et les principaux champs éducatifs.

Quatre nœuds sur le chemin de l’inclusion

La compilation des données et le recoupement des témoignages ont mené l’équipe de recherche à identifier des nœuds dans le parcours des personnes immigrantes :

• « comprendre et se faire comprendre pour agir dans la société québécoise [de langue française];

• obtenir en temps opportun une information et des conseils nécessaires à la réalisation de son projet migratoire et tenant compte de ses caractéristiques [notamment les services d’accueil, d’orientation éducative et professionnelle];

• faire reconnaître la valeur de ses diplômes et de ses expériences;

• occuper de façon durable un emploi qui correspond à ses compétences et à ses aspirations. »

CSE (Sommaire), 2021, p. 6

Au regard de ces nœuds, des constats transversaux pointent vers un besoin d’une plus grande synergie des acteur·trices en éducation des adultes.

Trois « idées-forces » à appliquer

En somme, la « complémentarité entre les acteur·trices » du système d’éducation du Québec permettrait sans doute de contourner des obstacles rencontrés par les personnes immigrantes, précisément en ce qui a trait à leurs parcours d’insertion scolaire et professionnelle. Ci-dessous, trois idées-forces à mettre en pratique selon l’Avis :

1. « mieux accompagner les familles immigrantes dans l’apprentissage de la société québécoise;

2. œuvrer à l’intégration socioprofessionnelle des personnes immigrantes et faire reconnaître leur valeur sur le marché du travail;

3. assurer la cohérence et la convivialité de l’offre éducative et favoriser l’engagement de la société tout entière. »

CSE (Sommaire), 2021, p. 9

Le rapport du CSE présente également 18 recommandations détaillées à partir de ces trois idées-forces (Avis, 2021, p. 179-193).

Des outils pour comprendre

Un coffre à outils est proposé et ce dernier vise à faciliter le transfert des informations et à permettre de prendre la mesure des recommandations et des données contenues dans l’Avis. Outre la pièce maîtresse, les outils se déclinent ainsi :

Références : Conseil supérieur de l’éducation (2021). L’inclusion des familles immigrantes : pour une synergie accrue en éducation des adultes. Avis au ministre de l’Éducation. Québec : Le Conseil, 233 p.

Conseil supérieur de l’éducation (2021). L’inclusion des familles immigrantes : pour une synergie accrue en éducation des adultes. Sommaire. Québec : Le Conseil, 16 p. 

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