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L’accès à l’enseignement supérieur au regard de l’origine ethnoculturelle | Résultats de recherche

23 février 2022 Collégial et universitaire

Paru dans la Revue canadienne d’enseignement supérieur, l’article de Carl E. James et Gillian Parekh porte sur l’équité dans l’accès à l’enseignement supérieur entre divers groupes ethnoculturels. Les chercheurs ont examiné le parcours éducatif d’étudiant·es selon leur groupe racial en portant une attention à celui des étudiant·es noir·es.

L’article Fixed Trajectories: Race, Schooling, and Graduation from a Southern Ontario University (2021) des chercheurs de l’Université de York, Carl E. James et Gillian Parekh, résume les principaux résultats d’une collecte de données effectuée auprès de 11 417 étudiant·es ontarien·nes ayant complété avec succès leurs études secondaires et s’étant ensuite inscrit·es à l’université. Cette recherche a permis de montrer les disparités entre les différents groupes d’étudiant·es racisé·es selon leur trajectoire académique et leurs expériences pouvant favoriser la réussite, la diplomation et la réalisation de leur plein potentiel.

Image : Canva

Principaux résultats

L’analyse statistique descriptive a permis aux chercheurs de constater le rôle déterminant que jouent les programmes d’études secondaires, le parcours (direct et indirect) vers l’université, les caractéristiques identitaires, les antécédents culturels et les caractéristiques familiales dans l’accès à l’université et l’éventuelle diplomation.

Peu importe le parcours emprunté, les statistiques découlant de cette recherche montrent que les étudiant·es noir·es sont moins susceptibles de diplômer comparativement aux autres groupes racisés (voir tableau). Ces taux inférieurs seraient influencés par certains facteurs systémiques tels que les programmes d’études secondaires, l’arrivée à l’université de façon indirecte ou le niveau d’éducation des parents.

« Les étudiant·es noir·es n’obtiennent pas autant leur diplôme que leurs homologues. Cela peut découler directement des obstacles rencontrés de la maternelle à la douzième année par bon nombre d’étudiant·es noir·es, obstacles auxquels ils et elles continuent de faire face à l’université. » (p. 80, traduction libre)

Image : Taux de diplomation universitaire : programme secondaire et parcours universitaire selon le groupe ethnoculturel de l’étudiant·e (James et Parekh, 2021)

« Tel que l’indique les résultats, en tant que groupe hétérogène, les étudiant·es noir·es – né·es au Canada, dans les Caraïbes ou en Afrique – expérimentent l’université différemment, et le genre joue aussi un rôle clé dans leurs résultats scolaires et leur réussite universitaire. » (p. 80, traduction libre)

Malgré la présence d’une diversité ethnoculturelle grandissante à l’université, les différences culturelles ne seraient pas assez reconnues, comme en témoigne l’absence de modèles noir·es dans le matériel de cours ou les curriculums. Les activités organisées par les programmes sont un autre exemple où les universités ne rejoindraient pas assez les étudiant·es racisé·es. Ils et elles auraient ainsi de la difficulté à accorder de la valeur à leur diplôme ou encore, à savoir comment redonner à leur communauté (Strayhon, 2017, dans James et Parekh, 2021).

Recommandations

En conclusion de cet article, les chercheurs avancent que dans les sociétés occidentales, le modèle hiérarchique social est exacerbé par les inégalités constantes, le racisme systémique et la discrimination (Thomas, 2010, dans James et Parekh, 2021). Autant au Canada, qu’aux États-Unis et au Royaume-Uni, les recherches montrent que les personnes étudiantes noires sont désavantagées, notamment à cause des biais éducatifs de la société face à cette population.

Dans ce contexte, les chercheurs recommandent notamment :

  • que les établissements d’enseignement supérieur deviennent plus accessibles, inclusifs et équitables;
  • que le matériel pédagogique et les curriculums intègrent davantage de diversité;
  • que les éducateur·trices et les administrateur·trices varient les approches pour mieux rejoindre la population étudiante noire;
  • de porter une plus grande attention aux différences dans le vécu de ces étudiant·es.

Références 

James, C. E. et Parekh, G. (2021). Fixed Trajectories : Race, Schooling, and Graduation from a Southern Ontario University. Canadian Journal of Higher Education, 51(4), 67-84.

Strayhorn, T. L. (2017). Factors that influence the persistence and success of Black men in urban public universities. Urban Education, 52(9), 1106-1128.

Thomas, M. (2010). Neoliberalism, racialization, and the regulation of employment standards. Dans S. Braedley et M. Luxton (dir.), Neoliberalism and everyday life (p. 68-89). Montréal / Kingston : McGill-Queen’s University Press.

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