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Comprendre les micro-agressions raciales en milieu éducatif | Résultats de recherche

15 mars 2022 Collégial et universitaire

Le mémoire de maitrise en travail social de Jennifer Louis (Université d’Ottawa) porte sur les expériences de micro-agressions vécues par des étudiantes noires pendant leur parcours scolaire.

Dans son mémoire intitulé Être jeune et Noir·e : les micro-agressions raciales vécues par de jeunes Noir·e·s de 18 à 30 ans en milieu scolaire au Québec et en Ontario, Jennifer Louis contextualise « les réalités des jeunes Noir·es dans une société où ils [et elles] sont vu·es à partir de stéréotypes et de préjugés » (p. 49). Les données qualitatives recueillies proviennent d’un groupe de discussion en ligne avec trois étudiantes noires. L’analyse de ces données permet d’offrir une interprétation du sens donnée aux micro-agressions raciales vécues au quotidien et commises par des élèves, des étudiant·es, des enseignant·es et des professeur·es non-noir·es.

Selon Jennifer Louis, différentes formes de racisme existent et conduisent à différents types de micro-agressions qui ont des conséquences sur la santé mentale et l’identité des personnes noires, de même que sur le climat scolaire.

Les difficultés à parler du racisme

Les discussions sur le racisme et les inégalités raciales seraient peu présentes dans les établissements scolaires du Québec et de l’Ontario. Cette absence peut s’expliquer par la gestion inadéquate de ce type de discussion qui peut entrainer de l’inconfort, des réactions fortes (passive-agressive, proactive, affirmative, dénonciatrice) des personnes « micro-agressées », une atteinte à l’intégrité des personnes racisées et le renforcement des biais (stéréotypes et préjugés) à leur égard.

Parmi les raisons qui expliquent le manque de dialogue sur les questions raciales, Jennifer Louis souligne notamment :

Image : Canva
  • le manque de reconnaissance du privilège;
  • la minimisation des effets du racisme;
  • la minimisation de l’expérience vécue par les personnes racisées (invalidation);
  • le sentiment de malaise chez les personnes impliquées dans la discussion (racisées ou non);
  • l’absence du vocabulaire adéquat (race, racisme, etc.) dans le discours normatif;
  • le manque d’outils pour les enseignant·es et les professeur·es pour aborder les inégalités et la discrimination;
  • le manque de formation pour reconnaitre les stéréotypes et les préjugés.

Qu’est-ce qu’une micro-agression raciale ?

Une micro-agression raciale peut se manifester sous la forme :

  • d’une remarque subtile ou évidente ou encore, d’un commentaire maladroit;
  • d’un acte qui n’est pas nécessairement délibéré, conscient;
  • de commentaires stéréotypés ou de préjugés par rapport aux caractéristiques physiques (cheveux, peau, etc.), intellectuelles, aux comportements et aux valeurs;
  • d’une micro-insulte, c’est-à-dire d’un comportement ou d’un commentaire qui véhicule une certaine impolitesse, une insensibilité et qui rabaisse l’héritage et l’identité raciale d’une personne (Sue et al., 2009, dans Louis, 2020, p. 37).

Jennifer Louis relève des exemples de micro-agressions commises par des membres du corps enseignant ou de la direction lors du parcours des étudiantes rencontrées :  

  • un rappel ou des références fréquentes aux origines (même si les étudiantes sont nées au Canada);
  • des commentaires sur les cheveux et des recommandations infondées;
  • une comparaison avec d’autres personnes noires célèbres, sur leur accomplissement ou leur provenance.

Parce que chaque micro-agression s’ajoute aux autres expériences racistes vécues antérieurement, elles peuvent avoir de lourdes conséquences chez la personne étudiante racisée.

Comment les contrer ?

Pour contrer ces micro-agressions ou micro-insultes non délibérées ou inconscientes, les personnes non-noires ont comme responsabilité :

  • d’écouter si une micro-agression est dénoncée;
  • de porter attention à l’appropriation culturelle;
  • d’éviter de minimiser l’expérience des personnes racisées;
  • de reconnaitre leurs biais personnels (stéréotypes et préjugés des personnes non-noires).

Références 

Louis, J. (2020). Être jeune et Noir·e· : les micro-agressions raciales vécues par de jeunes Noir·e·s de 18 à 30 ans en milieu scolaire au Québec et en Ontario. Mémoire de maitrise, Université d’Ottawa, 57 p.

Sue, D. W., Capodilupo, C. M., Torino, G. C., Bucceri, J. M., Holder, A. M. B., Nadal, K. L., et al. (2007). Racial microaggressions in everyday life: Implications for clinical practice. American Psychologist, 62(4), 271-286.

Pour poursuivre votre réflexion sur la question des micro-agressions, consultez la fiche « Université de Montréal : soutenir l’accès et la persévérance des étudiant·es noir·es en médecine » ainsi que l’enregistrement du webinaire « Étudiant·es noir·es en enseignement supérieur : réalités et leviers pour une meilleure accessibilité, persévérance et réussite » du dossier CAPRES sur la persévérance en enseignement supérieur (2021).

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