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Obstacles et facilitateurs perçus par les ESH | Résultats

12 novembre 2020 Collégial et universitaire

Des membres de l’équipe du Centre d’aide de l’Université Laval ont réalisé une vaste consultation auprès d’étudiant·e·s en situation de handicap (ESH).

Dans l’article intitulé Obstacles et facilitateurs perçus par les étudiants en situation de handicap à l’université et l’appréciation des services, paru récemment dans la Revue canadienne de l’éducation, Anne-Louise Fournier, Bruno Hubert et Louise Careau (tous de l’Université Laval) rendent compte d’une consultation d’envergure menée auprès de de 417 ESH de leur établissement. Leur étude porte plus spécifiquement sur les obstacles et les facilitateurs perçus par les ESH qui sont susceptibles d’influencer leur parcours scolaire et l’obtention de leur diplôme.

Parmi les répondant·e·s, 65 % ont un trouble d’apprentissage, d’attention, de langage, de l’autisme ou de santé mentale et 35 % ont une déficience auditrice, visuelle, motrice, multiple ou organique.

 L’appréciation des services d’aide

Plus de 92 % des répondant·e·s jugent « essentiels » les services offerts et sont satisfait·e·s du soutien accordé par les conseillers et les conseillères. Comme le souligne une personne participante :

« Le Centre d’aide permet d’obtenir du soutien dans nos démarches vis-à-vis la faculté. Il aide à éviter des situations de détresse et d’isolement. L’aide obtenue m’a permis de reprendre et de compléter mon programme avec succès. »

Quels sont les principaux obstacles ?

En ordre d’importance, les répondant·e·s ont identifié trois principaux obstacles susceptibles d’influencer leur parcours scolaire et l’obtention de leur diplôme :

  • Les difficultés financières

Cette préoccupation est liée aux dépenses associées à une limitation fonctionnelle, par exemple, le recours à des évaluations psychologiques, l’achat de médicaments et d’équipements adaptés.

  • Les méthodes d’enseignement ou d’évaluation inadaptées

Une proportion non négligeable de personnes (30 %) mentionne que les méthodes d’enseignement ou d’évaluation étaient inadaptées à leur limitation fonctionnelle.

  • La crainte d’être discriminé·e

Plus de 43 % des répondant·e·s attendent d’éprouver des difficultés dans leurs études avant de prendre rendez-vous au Centre d’aide. Certain·e·s ont peur des jugements, comme l’exprime une personne interrogée :

« Je n’ai pas envie de recevoir des jugements ni de porter une étiquette. De plus, j’ai eu des preneurs de notes qui ont divulgué à d’autres étudiants qu’ils prenaient des notes pour moi. Je n’ai pas aimé que cette information circule. »

Plus de 25 % des répondant·e·s affirment n’avoir vécu aucun obstacle dans le cadre de leurs études à l’université. Ce résultat suggère que les services et les mesures d’accommodement compensent la limitation fonctionnelle de certain·e·s étudiant·e·s et contribuent à atteindre leur plein potentiel.

Quels sont les principaux facilitateurs ?

Les répondant·e·s ont identifié quatre facilitateurs contribuant à leur réussite scolaire :

  • La divulgation de la limitation fonctionnelle

Fournier, Hubert et Careau soutiennent à cet égard que les activités de sensibilisation et de formation sont des incontournables pour promouvoir l’accès aux ressources disponibles et, par le fait même, pour soutenir l’inclusion.

  • Les mesures d’accommodement

Deux répondant·e·s expliquent plus précisément les répercussions positives des mesures d’accommodement dans leurs commentaires :

« Les accommodements m’aidaient à atteindre certains de mes objectifs, par exemple, répondre à toutes les questions des examens. »

« Les accommodements m’ont aidé à me rapprocher de mon plein potentiel. »

  • Le soutien des conseillers et des conseillères aux ESH.

La mention de ce facilitateur de réussite rappelle l’importance d’un accueil et d’une évaluation personnalisée des besoins des ESH en vue d’un plan d’intervention. Le recours à des mesures diversifiées d’accompagnement, basées sur une compréhension approfondie des besoins des ESH, est indissociable d’un plan d’intervention adéquat.

  • La relation avec le corps professoral

Les répondant·e·s mentionnent certaines stratégies soutenues par l’approche pédagogique inclusive comme de bons coups : les pauses fréquentes lors d’un cours magistral, la rétroaction sur les évaluations, la clarté des démarches à réaliser pour un travail long, etc., ce qui constitue un argument supplémentaire en faveur d’investissements dans le soutien pédagogique destiné au corps professoral.

Source : Fournier, A.-L., Hubert, B., et Careau, L. (2020). Obstacles et facilitateurs perçus par les étudiants en situation de handicap à l’université et l’appréciation des servicesCanadian Journal of Education/Revue Canadienne De l’éducation43(2), 465-497.

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