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ESH et formation à distance : quels obstacles ? | Publication

7 avril 2020 Collégial et universitaire

Dans la transition rapide vers l’enseignement en ligne, les besoins spécifiques des étudiants en situation de handicap (ESH) ne devraient pas être oubliés.

Selon l’article Accessibility Suffers During Pandemic paru dans Inside Higher Ed, les besoins des ESH malentendants ou sourds, des ESH non-voyants ou malvoyants, de ceux et celles qui souffrent de troubles mentaux ou de troubles de l’apprentissage comme le trouble du déficit de l’attention, risquent d’être mis en veilleuse pendant la pandémie.

Cyndi Wiley, coordonnatrice de l’accessibilité numérique à l’Université d’État de l’Iowa, rappelle que les enseignants ne sont pas tous conscients de l’importance de garantir l’accessibilité à tous les étudiants. De plus, bon nombre d’entre eux ressentent la pression de convertir rapidement leur cours en ligne.

Selon Wiley, les établissements d’enseignement supérieur peuvent et doivent faire mieux dans ce passage à la formation à distance, notamment en investissant dans des logiciels qui fournissent du matériel alternatif et accessible à tous les étudiants.

Obstacles rencontrés

Aux États-Unis, la National Federation for the Blind a été contactée par des étudiants non-voyants confrontés à des problèmes dans ce passage à l’apprentissage en ligne. Le principal problème est que le matériel pédagogique n’est pas compatible avec leurs lecteurs d’écran, qui lisent les documents de cours et les transcrivent parfois en braille.

Les étudiants dyslexiques, autistes ou ayant un trouble de l’apprentissage lié à l’écrit rencontrent également des problèmes lorsque les lecteurs d’écran traitent des documents qui sont des images plutôt que du texte. Les étudiants qui, pour des raisons physiques, n’utilisent que des claviers d’ordinateur (et non des souris) pour parcourir des documents ne peuvent pas non plus consulter les images d’un document.

Les étudiants sourds et malentendants rencontrent également des problèmes. Lorsqu’ils assistent à un cours en direct, ils ne peuvent pas bénéficier d’interprètes en langue des signes ou de sous-titrage en temps réel – des transcriptions de discours réalisées par une personne, et non générées par ordinateur – qu’ils auraient pu avoir en classe.

Or, si les étudiants disposaient de ces services en classe, ils devraient pouvoir en bénéficier à distance.

Pour les responsables d’associations de personnes sourdes ou malentendantes cités dans l’article, les universités ne devraient pas se tourner vers la reconnaissance vocale automatisée pour les formats vidéo en direct, comme celle fournie par défaut par les plateformes de conférence Zoom, WebEx et Google Hangout.

Un tel sous-titrage est jugé insuffisant pour suivre un cours à l’université. La précision des sous-titres diminue lorsque la langue maternelle de l’orateur est différente ou lorsque la vidéo en direct comporte des bruits de fond, une terminologie complexe ou une mauvaise connexion Internet.

La reconnaissance vocale offerte par les plateformes de vidéoconférence est précise à 85 à 90 %, alors que l’objectif devrait être de 99 %. Le meilleur scénario serait donc que les universités disposent d’un sous-titreur humain en direct, mais les établissements n’ont souvent pas le budget nécessaire pour payer de tels services.

L’accessibilité, un état d’esprit

La technologie devrait toujours être utilisable pour chaque étudiant. Offrir une éducation égale aux étudiants handicapés devrait être plus qu’une simple « liste de contrôle » pour s’assurer que les institutions se conforment aux exigences.

L’accessibilité devrait être un « état d’esprit », selon Marion Quirici, professeur d’études sur le handicap à l’Université de Duke. Dans le contexte actuel, Quirici s’inquiète non seulement pour les étudiants qui ont déjà révélé leur handicap à leurs enseignants ou qui ont des handicaps physiques très apparents, mais aussi pour celles et ceux qui n’ont pas demandé d’aménagements, en particulier ceux et celles qui ont des difficultés d’apprentissage ou des problèmes de santé mentale. Selon Quirici, les étudiants qui auront le plus de difficultés dans ce passage rapide à la formation à distance sont ceux et celles dont le handicap n’a pas été dévoilé.

Consulter l’article dans Inside Higher Ed

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