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Persévérance et réussite chez les Premiers Peuples | Publication

9 février 2021 Collégial et universitaire

Le Centre des Premières Nations Nikanité de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) a publié, en janvier 2021, le quatrième volume de la Revue de la persévérance et de la réussite scolaires chez les Premiers Peuples.

Comme le soulignent Roberto Gauthier (UQAC) et Gisèle Maheux (Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue – UQAT) en introduction, cette publication vise à pérenniser les communications présentées à la quatrième édition du Colloque sur la persévérance et la réussite scolaires chez les Premiers Peuples, qui s’est tenu en octobre 2019.

L’événement, intitulé « Cheminer ensemble pour aller plus loin », et ce quatrième volume de la revue s’inscrivent ainsi dans la suite des quatre premières éditions initiées par l’ancien directeur du Centre des Premières Nations Nikanite de l’UQAC, Marco Bacon.

Les articles y sont regroupés en grandes quatre thématiques : les pratiques d’enseignement et de formation, les pratiques de soutien, les pratiques de collaboration et les pratiques de sécurisation culturelle. Une section Reportages clôt la publication. L’équipe du CAPRES a repéré les articles ayant trait plus spécifiquement à l’enseignement supérieur.

Pratique d’enseignement et de formation

Dans son article intitulé Matinamagewin – le partage : une formation continue de l’UQAT pour le développement de l’humilité culturelle chez les enseignants, Julie-Anne Bérubé, formatrice au Service de la formation continue de l’UQAT, présente un projet visant à améliorer les compétences culturelles du personnel scolaire.

Cette formation vise aussi à outiller le personnel scolaire afin qu’il puisse intégrer des valeurs, des savoirs et des éléments des cultures et des langues autochtones dans les programmes, et ce, au bénéfice de tous.

Pratique de collaboration

Une autre pratique qui concerne l’enseignement supérieur est documentée par Gino Lesage, conseiller au programme en éducation spéciale au Conseil en éducation des Premières Nations (CEPN) et Sylvie Ouellet, professeure à Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR). Dans leur article La formation continue des acteurs scolaires en communautés autochtones : une rencontre culturelle, les auteur·e·s présentent un partenariat entre les deux établissements qui dure depuis maintenant cinq ans.

Cette expérience de rencontre culturelle avait pour but la conception d’une formation continue s’adressant aux intervenant·e·s scolaires des communautés membres du CEPN. Leur texte présente le contexte dans lequel la formation a été mise en place, les objectifs visés, les sessions intensives et les approches pédagogiques et éducatives proposées lors des ateliers de formation.

Pratiques de sécurisation culturelle

Cette section de la quatrième édition de la revue contient le plus de pratiques mises en place en enseignement supérieur.

Les auteures de l’article Subir sa visibilité ou choisir de rester invisible : réalités distinctes chez des étudiants innus et wendat au Cégep Limoilou, un regard anthropologique, Christine Veilleux et Josée Blanchette, sont toutes deux enseignantes au Cégep Limoilou à Québec. 

Elles ont constaté des différences dans les stratégies d’intégration au milieu collégial selon les nations, notamment entre les Innus et les Wendat sur les plans de la langue, de la culture et de l’identité.

Trois éléments ressortent de leur analyse :

  • L’étudiant·e innu·e vit un déracinement plus profond que prévu, car le phénotype, une langue seconde, les chocs culturel et scolaire ainsi que la marginalisation doivent être gérés;
  • L’étudiant·e wendat·e, vit une rencontre interculturelle plus complexe qu’il n’y parait : un sentiment de méfiance envers le nouveau milieu peut-être ressenti même en étant « invisible »;
  • Dans tous les cas, les étudiant·e·s ont besoin d’être reconnu·e·s dans leur culture et leur individualité, la question identitaire autochtone étant fondamentale.

Lysandre St-Pierre, enseignante au Cégep de Baie-Comeau, présente dans son article le projet de sécurisation culturelle De la connaissance à la reconnaissance. Ce projet vise la valorisation des cultures autochtones dans toutes les disciplines du programme de sciences humaines. Il s’appuie notamment sur des initiatives institutionnelles de l’établissement.

Caroline Talbot et Sylvie Pinette de l’Institut Tshakapesh présentent quant à elle la Trousse d’accueil Tshetshi Tshissenitakanit qui s’adresse à l’intervenant·e allochtone. Il s’agit d’un outil de sensibilisation mis en pratique dans des établissements scolaires au Québec depuis février 2020, qui donne la parole aux Premières Nations en général et à la nation innue en particulier.

L’outil Tshetshi Tshissenitakanit est destiné à toutes les ressources éducatives et à tous les professionnels·lles qui œuvrent dans le milieu de l’éducation, que ce soit dans un milieu de scolarisation en langue première ou en langue seconde, en communauté ou en milieu urbain.

Léa Lefevre-Radelli (UQAM et Nantes) rappelle dans son article que si les initiatives pour les Autochtones se multiplient en enseignement supérieur, la discrimination produite par les institutions est peu documentée. Son texte vise donc à apporter des pistes de compréhension des effets du racisme systémique envers les peuples autochtones dans le système universitaire, ce qui constitue un élément clé dans les réflexions sur les mesures de soutien pour les étudiant·e·s autochtones.

Enfin, dans la section Reportages de la publication, Patricia-Anne Blanchet (Centre des Premières Nations Nikanite de l’UQAC) fait état de la table ronde réunissant des représentant·e·s du Centre des Premières Nations Nikanite de l’UQAC, du CAPRES, de la Fédération des cégeps, du Collège Dawson, du Collège Dawson et du réseau de l’Université Québec. La table ronde était animée par Marco Bacon, alors directeur du Centre des Premières Nations Nikanite.

Blanchet présente les pratiques soutenant la réussite des étudiant·e·s des Premiers Peuples au cégep et à l’université qui ont été identifiées en quatre volets : organisationnel, académique, expérience étudiante et partenariats.

Les deux tableaux synthèses du reportage permettent également d’avoir une vue d’ensemble sur les initiatives déjà mises en œuvre et à venir dans le dossier de l’autochtonisation de l’enseignement supérieur.

Référence : Revue de la persévérance et de la réussite scolaires | Centre des Premières Nations Nikanite

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