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Des besoins diversifiés pour une population étudiante en évolution | Publication

1 septembre 2022 Collégial et universitaire

Le dernier numéro de la Revue canadienne d’enseignement supérieur propose plusieurs articles levant le voile sur les besoins de certaines populations étudiantes.

Le CAPRES attire l’attention sur trois des huit articles de ce numéro.

L’accès aux ressources universitaires chez les étudiant·es en situation de handicap émergent

Dans leur article,  Mariata Sall, France Picard et Annie Pilote (Université Laval) s’intéressent à l’accès aux ressources universitaires de la population étudiante en situation de handicap émergent (ESHE) à la maîtrise et au doctorat.

Image : Canva

Se basant sur les données québécoises de l’Enquête canadienne auprès des étudiantes et des étudiants à la maîtrise et au doctorat (ECEMD), réalisée en 2016 et 2019, l’équipe de recherche a évalué l’accès des ESHE aux ressources universitaires (ressources financières, services d’accueil, de soutien, d’orientation, séminaires et colloques, ateliers de soutien à la recherche et autres ressources pour la formation). Elles ont ensuite comparé cet accès à celui des étudiant·es en situation de handicap physique (ESHP) et des étudiant·es sans handicap (ESaH). (p.18-19)

Les résultats de leur analyse montrent que les ESHE forment le groupe ayant le moins accès aux ressources universitaires, tant sur le plan des services que sur celui des outils de soutien à la recherche et à la formation et à l’insertion professionnelle (p.25). La persistance de préjugés envers les ESHE et le fait que leur handicap ne soit pas visible pourrait expliquer pourquoi ils sont moins soutenus que les ESHP et les ESaH.

Pour renverser ce constat, Sall, Picard et Pilote suggèrent que les universités promeuvent plus largement les ressources universitaires disponibles et qu’elles allègent les procédures pour y accéder. Un plus grand soutien de la part du corps enseignant est également souhaitable.

L’adaptation scolaire des étudiants et étudiantes LGBTQ+

Elsa Brais-Dussault et Aude Villatte (Université du Québec en Outaouais) s’intéressent à l’adaptation scolaire des jeunes de minorité sexuelle dans leur article intitulé L’adaptation scolaire des étudiants LGB issus de l’immigration au Québec : quels liens avec le processus de coming out.

Leur recherche avait pour objectif de déterminer si :

« – les étudiants LGB issus de l’immigration présentent un profil d’adaptation scolaire différent de ceux qui ne sont issus d’aucune minorité ou sont issus d’une seule minorité  au  cours  de  leurs  études  postsecondaires;

– les  jeunes  de  double  minorité  ayant  dévoilé  leur  orientation  sexuelle  à  la  majorité  de  leur  réseau  rapportent  une expérience scolaire plus positive que leurs pairs ne l’ayant fait que partiellement. »

(Brais-Dussault, Villatte, 2022, p.54)

Les réponses de 5 561 étudiants et étudiantes de 18 à 29 ans provenant d’une diversité de régions du Québec ont mis en lumière le fait que :

  • Le statut de double minorité est lié à une plus grande probabilité de déclarer une expérience scolaire négative – de même qu’une plus faible probabilité de déclarer une expérience scolaire positive (p.61)
  • Le fait d’avoir réalisé un coming out total est lié à une plus grande probabilité de déclarer une expérience scolaire globalement positive. (p.61)

« Le fait d’affirmer son orientation sexuelle dans ses différents milieux de vie pourrait témoigner d’une intégration harmonieuse de son orientation sexuelle qui aurait un effet protecteur sur l’adaptation psychosociale et scolaire  des  individus  LGB. » 

(Mohr et Kendra, 2011; Riggle et al., 2014, dans Brais-Dussault et Villatte, 2022)

L’équipe de recherche fait valoir que ces résultats illustrent l’importance de porter attention aux étudiants et étudiantes de double minorité et de leur offrir des ressources et services adaptés.

L’influence de la personnalité sur la persévérance scolaire

L’article « Reaching the Finish Line: Personality and Persistence in Postsecondary Education » de Claire A. Wilson, Hiten David, Malvika D’Costa, Sarah E.Babcock et Donald H. Saklofske (University of Western Ontario) s’intéresse à l’influence de la personnalité et des différences individuelles sur la persévérance scolaire.

L’équipe a mené une enquête auprès de 290 étudiants et étudiantes de première année inscrits à temps plein. Ces derniers ont répondu à un questionnaire visant à mesurer leur personnalité, leur perfectionnisme, leur résilience et leur trait d’intelligence émotionnelle. Cette équipe de recherche ontarienne a également effectué un suivi de la moyenne scolaire et du statut d’inscription des répondants et répondantes durant quatre années.

Contrairement à l’hypothèse de départ, les résultats ne montrent pas d’effet significatif de ces traits de personnalités sur la persévérance et la diplomation. Il a cependant été observé que les notes obtenues au secondaire demeurent de bons prédicteurs de décrochage ou de report des études universitaires.  

Consulter la Revue canadienne d’enseignement supérieur (vol 52, no 2)

Références

Brais-Dussault, E. et Villatte, A. (2022). L’adaptation scolaire des étudiants LGB issus de l’immigration au Québec : quels liens avec le processus de coming out? Canadian Journal of Higher Education, 52(2), 52‑66.

Sall, M., Picard, F. et Pilote, A. (2022). L’accès aux ressources universitaires de la population étudiante en situation de handicap émergent à la maîtrise et au doctorat au Québec. Canadian Journal of Higher Education, 52(2), 17‑30.

Wilson, C. A., Dave, H., D’Costa, M., Babcock, S. E. et Saklofske, D. H. (2022). Reaching the Finish Line: Personality and Persistence in Postsecondary Education. Canadian Journal of Higher Education, 52(2), 1‑16.

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