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L’insertion professionnelle des diplômés et le développement régional

31 mars 2008

Des recherches ont démontré que les jeunes quittent leur région d?origine le plus souvent pour les études ou pour vivre autrement. L?exode vers les grands centres urbains est devenu un phénomène préoccupant pour les régions qui se vident ainsi de personnes hautement qualifiées et qui pourraient autrement contribuer à leur développement et leur prospérité. Dans certains cas, c’est la survie même de la région qui est menacée. Le 13 mars 2008, le CAPRES a tenu un atelier sur ces questions à l’Université du Québec à Rimouski et a profité de cette occasion pour donner la parole aux étudiants.

Le 13 mars 2008, le CAPRES a réuni à l’Université du Québec à Rimouski, des chercheurs, des praticiens et des étudiants autour des questions suivantes :

  • Comment la présence de diplômés en enseignement supérieur contribue au développement et au dynamisme d’une région?
  • Comment favoriser la rétention de ces diplômés en région?
  • Que nous apprend la recherche?
  • Comment les étudiants collégiaux et universitaires conçoivent-ils leur avenir en région?
  • Existe-t-il des initiatives ayant donné des résultats probants ? La concertation, en particulier celle entre les régions, est-elle une voie à privilégier?
  • Quels rôles peuvent assumer les collèges et les universités?

 

THÈME 1 : CE QUE NOUS DÉVOILE LA PRATIQUE ET LA RECHERCHE

 

COSMOSS : UNE TOILE DE PARTENAIRES EN FAVEUR DES JEUNES

  • Patrice Blais, Agent de liaison, COSMOSS au Bas-Saint-Laurent

La région administrative du Bas-Saint-Laurent, bien qu’elle porte le numéro 1, figure au 16e rang sur 17 en ce qui concerne le revenu moyen per capita. Vingt-trois pour cent (23 %) des jeunes de 0 à 17 ans, soit près de 10 000 enfants vivent, avec un revenu inférieur au seuil de faible revenu et 3 200 d’entre eux avec moins de 50 % du seuil de faible revenu. Le Bas-Saint-Laurent figure parmi les dernières régions en ce qui concerne le taux d’obtention d’un D.E.S. et le coût du décrochage scolaire s’établit à près de 126 millions de dollars. Les jeunes qui évoluent dans un contexte de vulnérabilité vivent généralement une dépendance sociale et économique qui est souvent reproduite de génération en génération. Comment briser ce cercle vicieux? Comment faire progresser la région pour que d’ici 10 ans, le Bas-Saint-Laurent soit une région du Québec qui présente d’excellentes conditions d’inclusion économique, sociale et culturelle pour les enfants (et leurs parents) en provenance de milieux vulnérables? Communauté Ouverte et Solidaire pour un Monde Outillé, Scolarisé et en Santé (COSMOSS) est en soit une hypothèse de départ. COSMOSS est un regroupement intersectoriel de type horizontal dont les intervenants ont depuis toujours fonctionné en silo sans se soucier de la complémentarité de leurs services avec les services des intervenants des autres secteurs. COSMOSS, c’est un modèle de collaboration local/régional, communautaire/institutionnel, et interministériel dont le macro-objectif est d’améliorer la condition de vie des jeunes bas-laurentiens en tablant sur la continuité de services qui leur sont offerts.

 

LA STRATÉGIE 2008-2013 SUR L’ÉTABLISSEMENT DES JEUNES : UNE PRÉOCCUPATION DE LA COMMISSION JEUNESSE DU BAS-SAINT-LAURENT

  • Emma Savard, Agente de concertation et de développement, Commission Jeunesse du Bas Saint-Laurent

Une préoccupation de la Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent visant à développer le sentiment d’appartenance des jeunes face à la région, à favoriser leur établissement et leur enracinement au Bas-Saint-Laurent.
Au printemps 2005, la Commission jeunesse du Bas-Saint-Laurent (CJBSL) met sur pied le Comité aviseur sur la migration des jeunes formé de représentants de différents organismes régionaux partenaires de la Conférence régionale des éluEs du Bas-Saint-Laurent (CRÉBSL). En novembre 2005, ce comité aviseur adopte un projet de stratégie en quatre temps comportant 13 grands objectifs et 29 objectifs spécifiques liés au contexte bas-laurentien. Les moyens d’action de la stratégie proposent une intervention globale auprès des jeunes, qu’ils soient originaires d’ici, d’une autre région du Québec ou issus de l’immigration. Ils tendent à utiliser, compléter et bonifier les initiatives déjà en place. En janvier 2006, la CJBSL amorce une tournée de consultation dans le but de valider et d’améliorer sa stratégie quinquennale sur l’établissement des jeunes. En région, des groupes de discussion ont réuni 35 intervenants ainsi que des jeunes de 12 à 35 ans, tant des milieux urbain que rural. De plus, quatre consultations se sont tenues auprès de jeunes originaires ou non du Bas-Saint-Laurent, à Montréal et à Québec. Nous voici rendus à l’étape d’établir des partenariats avec les intervenants locaux et régionaux. Nous souhaitons notamment identifier les acteurs qui s’approprieront les différents volets de cette stratégie. Nous insistons sur le fait que cette démarche dépasse les cadres d’intervention de la CJBSL; c’est la stratégie de toute la région!

 

LE POUVOIR DU DIPLÔME : UN ÉLÉMENT IMPORTANT À CONSIDÉRER DANS L’ÉTUDE DES TRAJECTOIRES DE MOBILITÉ GÉOGRAPHIQUE DES JEUNES

  • Frédéric Deschenaux, Professeur, Université du Québec à Rimouski, Membre régulier, Observatoire Jeunes et Société

Les résultats d’un sondage sur la mobilité géographique des jeunes mené auprès de 5997 québécois âgés de 20 à 34 ans ont montré que les jeunes quittent rarement leur région d’origine pour aller travailler, la quittant davantage pour aller étudier ou pour vivre leur vie ailleurs et autrement. Cependant, peut-on penser que ce départ peut aussi être causé par un effet conjugué des études et de l’emploi? En effet, dans certaines régions, les aspirations professionnelles des jeunes ne sont pas compatibles avec la scolarité nécessaire à l’occupation d’un emploi, les programmes d’études n’étant pas offerts, ce qui oblige un certain nombre de jeunes à quitter leur région. Une fois diplômés, les emplois disponibles dans la région d’origine peuvent être peu ou pas compatibles avec la formation reçue. Également, il est possible d’observer des disparités sur le plan des conditions d’insertion professionnelle d’une région à une autre pour un même titre scolaire. Ainsi, cette communication explore le concept de pouvoir du diplôme en comparant les trajectoires de mobilité géographique et l’insertion professionnelle de jeunes dans trois types de régions, soit les régions périphériques, intermédiaires et métropolitaines. Les données permettent de conclure qu’un titre scolaire, quel qu’il soit, n’a pas la même valeur partout, car le marché de l’emploi, avec ses caractéristiques spécifiques, teinte le pouvoir qu’il confère aux diplômés qui en sont les porteurs.

 

INSERTION PROFESSIONNELLE DES DIPLÔMÉS DES CYCLES SUPÉRIEURS

  • Frédéric Lalande, Président, Conseil national des cycles supérieurs, FEUQ

Quarante ans après la création du Réseau de l’Université du Québec, les différentes vocations qui se rapportent au Réseau concernent à la fois l’accessibilité à la formation universitaire, l’occupation efficace du territoire, l’amélioration du capital humain et la stimulation de la recherche. Aussi, cette présentation abordera quelques grandes lignes découlant d’une étude commandée à l’hiver 2007 à Frédéric Deschenaux, professeur à l’Université du Québec à Rimouski et membre du groupe de recherche sur la migration des jeunes de l’Observatoire Jeunes et Société. Nous traiterons entre autres, du contexte et de quelques définitions conceptuelles, de l’enjeu que représente l’insertion professionnelle des néodiplômés universitaires, du thème de la mobilité géographique en lien avec l’insertion professionnelle, ainsi que des pistes d’action formulées relativement à la thématique à l’étude. Ce sera aussi pour nous l’occasion de faire état des éléments concomitants que sont la condition financière des étudiants inscrits aux cycles supérieurs et les défis qui entourent la recherche universitaire en région, aidés en cela par le contenu élaboré par la FEUQ et le CNCS.

 

THÈME 2 : UNE EXPÉRIENCE TRANSFÉRABLE 

 

LES RÉSEAUX SOCIOPROFESSIONNELS DE L’UNIVERSITÉ DU QUÉBEC À MONTRÉAL

  • Nicole Bonenfant, Directrice, Services-conseils à la vie étudiante, Université du Québec à Montréal

Dans cette communication, nous présenterons d’abord ce qu’est un réseau socioprofessionnel, son historique au sein de notre établissement à l’UQAM, son évolution depuis son institutionnalisation, de même que les prospectives que nous envisageons pour les réseaux socioprofessionnels dans les cinq prochaines années. Dans cet esprit nous aborderons quatre objectifs qui le caractérisent, à savoir la confirmation de l’intérêt pour le champ d’étude et le champ vocationnel, la persévérance scolaire, le développement de compétences et la formation continue puis l’insertion et l’intégration socioprofessionnelles. Nous décrirons ensuite le type d’activités qui prend place dans la programmation de ce réseau, de même que les documents qui sont produits à l’intention des membres tout au long de l’année universitaire. Nous poursuivrons en abordant les conditions inhérentes à l’implantation du concept de réseaux socioprofessionnels afin que ces derniers s’inscrivent dans la pérennité et le succès. De manière plus précise, nous ferons un lien avec la thématique de l’atelier en démontrant le caractère innovant de cette expérience en introduisant toute la dimension du sentiment d’appartenance qui anime les membres des réseaux.

 

TÉMOIGNAGES D’ÉTUDIANTS

  • Marie-Ange Croft, Étudiante à la maîtrise, Université du Québec à Rimouski
  • Kenny Guimond, Étudiant, Cégep de Rimouski
  • Florence Bouchard Santerre, Étudiante, Cégep de Rimouski

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