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Les transitions scolaires en enseignement supérieur: Comprendre et agir en complémentarité

8 juin 2009

Dans le cadre du congrès de l’ACFAS 2009, le CAPRES a tenu son 8e colloque sur le thème: Les transitions scolaires en enseignement supérieur: Comprendre et agir en complémentarité. Ce colloque avait pour objectif de décrire et d’expliquer le passage d’un ordre d’enseignement à l’autre sous différentes approches disciplinaires ainsi que de permettre aux étudiants de donner leur point de vue concernant les transitions scolaires et le passage vers l’insertion professionnelle.

Le passage d’un ordre d’enseignement à un autre est un moment important, voire crucial dans le cheminement de l’étudiant. Cette transition, vécue difficilement ou non au plan scolaire (nouvel établissement, nouveaux professeurs, nouvelles règles d’études), s’accompagne souvent d’une transformation des habitudes de vie (déménagement, conciliation travail-études), ainsi que d’une désorganisation des réseaux familial et social.

Quatre ateliers ont été proposés. Les trois premiers ont mis à contribution différentes approches disciplinaires pour décrire et expliquer le passage d’un ordre d’enseignement à l’autre : l’approche sociologique, l’approche psychologique et l’approche géographique.

Le quatrième atelier portait sur le concept des étudiants de première génération comme une réponse possible à la question de la mesure des inégalités d’accès et de persévérance scolaires.

En conclusion, des représentants de la Fédération des étudiants universitaires du Québec (FEUQ) nous présenteront le point de vue étudiant concernant les transitions scolaires et le passage vers l’insertion professionnelle ainsi que la contribution des associations étudiantes au travail de documentation et à la mise en place de mesures d’accompagnement

 

MOT DE BIENVENUE

  • Martin Ringuette, Président du CAPRES

 

Atelier 1- Les transitions: les regards sociologiques

  • Pierre Doray, Professeur, CIRST-UQAM
  • Élise Comoe, Professionnelle de la recherche, CIRST-UQAM
  • Jake Murdoch, Professeur, Université de Montréal
  • Bayero Diallo, Professionnel de la recherche, CIRST-UQAM

La notion de transition est présente depuis de nombreuses années en sociologie. Par exemple, en sociologie de l’éducation, elle a été utilisée dans le cadre des travaux sur l’orientation scolaire entre le secondaire et le postsecondaire (Duru-Bellat et Kieffer, 2008), la persévérance dans l’enseignement postsecondaire (Tinto, 1993; Coulon, 1997). Elle a aussi été reprise pour mieux comprendre les processus d’insertion professionnelle (transition éducation-travail). Dans le cadre de cette communication, nous voudrions explorer les différentes facettes du concept dans le cadre de la sociologie des étudiants. En ce sens, nous concentrons notre attention sur les transitions scolaires. Les étudiants tout au long de leur parcours scolaire connaissent plusieurs passages, dont ceux entre ordres d’enseignement. Ces passages sont essentiellement constitués d’un changement d’institutions et de filières scolaires (programmes).

Le concept de transition scolaire recouvre ce type de passage, tout en incorporant les autres bifurcations possibles au sein de l’institution scolaire comme les changements de programmes, les arrêts momentanés et les retours aux études. L’analyse des transitions scolaires suppose de mettre en lumière l’ensemble des processus impliqués. À cet égard, il faut aussi envisager l’influence des événements et des situations qui sont externes au champ scolaire. Une fois le concept de transition exploré, nous l’appliquerons au parcours d’étudiants inscrits au cégep dans le programme de science de la nature en cherchant à préciser la nature des processus en présence au moment de certaines transitions.

Duru-Bellat M., Kieffer A.Du baccalauréat à l’enseignement supérieur en France : déplacement et recomposition des inégalités Population vol. 63, no 1 (2008) pp. 123-157

 

Atelier 2 – Réussir ses études postsecondaires: continuité ou discontinuité?

  • Simon Larose, Professeur, Université Laval
  • Stéphane Duchesne, Professeur, Université Laval

Au plan psychologique, la notion de transition est intimement reliée à celle de la continuité/discontinuité dans le développement de l’individu. La continuité implique que les expériences antérieures conditionnent le parcours de l’individu alors que la discontinuité suppose que des changements écologiques peuvent infléchir son développement. Lorsque la notion de transition est utilisée pour qualifier les passages d’un ordre d’enseignement à un autre, cela suppose que les expériences d’intégration sociale et scolaire ont un rôle clé à jouer sur le développement de l’étudiant et sur ses chances de réussir ses études. Cette hypothèse est d’ailleurs au cœur de la théorie la plus respectée dans le domaine de la réussite des études postsecondaires (Tinto, 1993).

Dans cet atelier, nous présenterons des données qui infirment en partie cette hypothèse. Elles proviennent de l’Étude Longitudinale des Enfants de la Maternelle au Québec. Cette étude a impliqué le suivi d’un millier d’enfants de la maternelle jusqu’à l’âge de 23 ans. Elle est à notre avis la seule étude longitudinale au monde qui combine des données de l’expérience collégiale à des données colligées pendant l’âge préscolaire, primaire et secondaire. Les résultats de cette étude suggèrent que ce qui se passe en amont du parcours collégial a une incidence beaucoup plus forte sur la réussite des études postsecondaires que les expériences d’intégration scolaire et sociale vécues au collège.

 

Atelier 3- Les disparités sociogéographiques des parcours scolaires : tendances québécoises et régionales révélées par les méthodes d’écologie sociale

  • Michel Perron, Professeur, UQAC, Titulaire de la Chaire conjointe UQAC-Cégep de Jonquière « Jeunes, santé, communauté »

Pour de grandes populations, une méthodologie répandue pour appréhender les parcours scolaires consiste à exploiter les données administratives compilées à l’échelle nationale, par exemple au ministère de l’Éducation nationale (en France) et à celui de l’Éducation, du loisir et du sport (au Québec). À l’aide de telles données, au Québec notamment, les chercheurs peuvent mettre en corrélation, à diverses échelles géographiques, des indicateurs fiables des cheminements des élèves (taux de diplomation, taux de sortie sans diplôme, résultats aux épreuves ministérielles) avec les données issues du recensement de la population (informations sur la composition socioéconomique des ménages, sur le lieu de résidence, etc.), et ce pour différentes périodes.

Dans la mesure où l’on peut produire des analyses à micro-échelle, correspondant à des territoires relativement homogènes, on tire ainsi profit de l’exhaustivité des fichiers scolaires pour appréhender les parcours de cohortes successives et complètes. De telles méthodes inspirées des modèles d’écologie sociale ont permis le développement d’un site WEB (http://cartodiplome.mels.gouv.qc.ca) pour cartographier les indicateurs scolaires à l’échelle des municipalités. Les cartes révèlent d’importantes disparités sociogéographiques des cheminements scolaires au Québec, tout en confirmant le poids du genre et de l’origine résidentielle comme déterminants de la persévérance scolaire.

La présentation insistera particulièrement sur les disparités régionales en mettant en lumière les différences selon le genre et le milieu d’origine (urbaine ou rurale). Elle illustrera les relations entre la scolarité des adultes, révélées par les données censitaires, et les parcours scolaires des jeunes. De plus, à l’aide d’analyses fondées cette fois sur une enquête auprès des jeunes, un regard croisé sera porté sur les parcours des élèves originaires du milieu rural, en prenant le cas du Saguenay–Lac-Saint-Jean. Les résultats d’enquêtes sont utiles pour confirmer le bien-fondé des méthodes d’écologie sociale dans l’appréhension des parcours scolaires.

 

Atelier 4 – Le concept d’étudiant de première génération : Une mesure possible des inégalités scolaires ?

  • Amélie Groleau, Coordonnatrice de la recherche, CIRST-UQAM
  • Lucia Mason, Agente de transfert et de recherche, CIRST-UQAM

Dans un contexte de massification de l’enseignement supérieur, les établissements d’enseignement accueillent une population étudiante de plus en plus diversifiée par leur origine sociale et leur expérience scolaire antérieure. Cette situation pose plusieurs défis aux décideurs politiques, aux administrateurs des institutions scolaires ainsi qu’aux intervenants du milieu éducatif, qui doivent trouver des indicateurs fiables permettant de cibler les étudiants « à risque » afin de leur venir en aide. Le concept d’étudiant de première génération (ÉPG), qui réfère aux étudiants qui sont les premiers dans leur famille à fréquenter l’enseignement supérieur, constitue une réponse possible à la question de la mesure des inégalités d’accès et de persévérance scolaires. Notre communication vise à explorer les origines de ce concept et son évolution récente, afin d’en proposer une analyse critique soulignant à la fois son potentiel social et ses limites conceptuelles.

 

CONFÉRENCE DE CLÔTURE – Les transitions en enseignement supérieur : qu’en est-il du point de vue des étudiants?

  • Olivier Beaulieu-Mathurin, Président, Conseil national des cycles supérieurs, FEUQ
  • Pascal Marchi, Vice-président, Affaires universitaires, FEUQ

L’appréciation du parcours d’un étudiant se fait souvent à l’aulne de l’obtention du diplôme final, qui constitue en quelque sorte une « garantie » de la maîtrise de certaines compétences et connaissances. Ce faisant, on tend à atténuer l’importance du parcours qui mène l’étudiant vers l’obtention de ce diplôme, lequel est jalonné d’un certain nombre de transitions : dans un premier temps, passage d’une formation générale, au secondaire, à une formation spécialisée au collège et à l’université; dans un deuxième temps, transition vers les études supérieures, où l’étudiant apporte sa propre contribution au développement de sa discipline; finalement, transition vers le marché de l’emploi.
Afin d’accompagner l’étudiant dans ces différents passages d’un statut à un autre, les institutions d’enseignement sont appelées à développer des mesures d’encadrement sous diverses formes. La question se pose sous l’angle des mesures touchant l’étudiant pendant la transition, mais aussi dans la préparation préalablement donnée à l’étudiant afin d’en surmonter les difficultés. Si les initiatives se multiplient, le développement des connaissances sur les modalités et conditions des différentes transitions doit nécessairement suivre. C’est à ce titre que les associations étudiantes, dans le cadre de leur mandat d’améliorer les conditions de vie et d’études et de favoriser la réussite, peuvent apporter leur contribution au travail de documentation et à la mise en place de mesures d’accompagnement.

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