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Cannabis : des approches différentes selon les universités | Publication

29 octobre 2018 Universitaire

Un portrait des différentes approches privilégiées par les universités à travers le Canada vient d’être publié dans The Gauntlet, le journal étudiant de l’Université de Calgary.

L’article intitulé Higher education: Universities across the country have taken drastically different approaches to legal cannabis montre que les établissements postsecondaires n’adoptent pas tous les mêmes politiques à l’égard du cannabis légal.

La consommation des 18-24 ans

Les auteurs Matt Gergyek, Jason Herring, Karen-Luz Sison et Zak Vescera rappellent d’abord que selon les données de Statistique Canada (2012), un tiers des jeunes de 18 à 24 ans ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de la dernière année, soit plus que tout autre groupe d’âge.

Étant donné que les étudiants de niveau postsecondaire sont les plus grands consommateurs au pays, il n’est pas surprenant que les universités adoptent rapidement des politiques sur le cannabis.

Les politiques universitaires sont toutefois plus strictes que prévu et l’avenir du cannabis sur le campus est encore plutôt flou. La plupart des campus ont interdit totalement la consommation de cannabis à des fins récréatives, tandis que quelques-uns ont adopté une approche plus souple. D’autres se situent quelque part entre les deux.

Le casse-tête provincial et municipal

Toutes les provinces et tous les territoires ont fixé l’âge légal à 19 ans, à l’exception de l’Alberta et du Québec, qui ont opté pour 18 ans. Le gouvernement québécois nouvellement élu de la CAQ prévoit toutefois porter cet âge à 21 ans. Toutes les provinces et tous les territoires permettront aux gens de cultiver du cannabis à la maison, sauf le Manitoba et le Québec.

En ce qui concerne les zones légales où il est permis d’en consommer, les désaccords entre les provinces et les territoires sont nombreux. Pour compliquer encore les choses, certaines municipalités ont élaboré leurs propres règles de consommation de cannabis à l’intérieur des limites de la ville, divisant le Canada en une sorte de casse-tête de lois différentes et contradictoires.

Ainsi, les politiques des universités ajoutent une couche supplémentaire à un système déjà complexe de règlements provinciaux et municipaux.

Les approches des universités canadiennes

  1. L’interdiction générale

L’approche la plus courante en matière de légalisation du cannabis dans les établissements d’enseignement postsecondaire canadiens est l’adoption d’une interdiction générale de l’usage, de la vente ou de la croissance de cette substance sur le campus.

L’Université McGill, l’Université de Calgary et l’Université de Regina ont complètement interdit le cannabis, bien que leurs motivations varient. L’Université McGill, dont les étudiants se classent au septième rang des universités canadiennes pour leur consommation de cannabis, a déclaré adopter une approche conservatrice à l’égard de la légalisation en prévoyant procéder à une révision après une vaste consultation des intervenants cet automne.

Pour l’instant, les étudiants de McGill doivent quitter le campus pour allumer un joint légalement, car les règlements municipaux de Montréal permettent de fumer du cannabis partout où la cigarette est autorisée. Cela pourrait bientôt changer, puisque le gouvernement nouvellement élu de la CAQ prévoit interdire de fumer de la marijuana en public.

Un étudiant de l’Université McGill pourrait alors se retrouver dans la situation étrange où il lui est interdit de fumer du cannabis sur son campus et dans sa ville, une substance pourtant légale dans son pays depuis le 17 octobre dernier.

Source : Pixabay

2. L’approche clémente

Alors que la plupart des établissements ont interdit le pot, l’Université de la Colombie-Britannique (UBC) a adopté une approche différente. À l’UBC, les étudiants peuvent fumer du cannabis partout où ils sont actuellement autorisés à fumer des cigarettes. Ils ne peuvent pas fumer dans les résidences mais peuvent le garder dans leur chambre, à la condition qu’il soit correctement étiqueté. Seuls le corps professoral et le personnel ne sont pas autorisés à consommer du cannabis pendant leur journée de travail.

À l’Université de Lethbridge, en Alberta, cinq espaces ont été identifiés sur le campus où il sera permis de fumer du tabac et du cannabis, de même que vapoter.

L’Université d’Ottawa a quant à elle annoncé qu’elle revenait sur sa décision antérieure d’interdire le cannabis sur le campus et l’autorisera jusqu’à ce qu’une politique soit adoptée au début de 2019.

3. L’interdiction en résidence

L’Université Carleton, à Ottawa, est l’un des nombreuses établissements qui interdisent la consommation de cannabis dans les résidences. Les étudiants ayant atteint l’âge légal en Ontario pourront posséder un maximum de 30 grammes, mais ne pourront pas en consommer dans leur chambre. L’établissement considère les résidences comme un espace public et un lieu de travail, où la consommation de cannabis est interdite en vertu de la loi provinciale de l’Ontario.

Selon des acteurs interviewés dans le cadre de cet article, le défi pour les établissements sera d’informer les étudiants au sujet des nouvelles politiques. En effet, plusieurs d’entre eux portent peu attention à leur contrat de résidence. L’année scolaire 2018-2019 est donc une année d’essais, autant en ce qui concerne la mise à jour des politiques des universités que les approches privilégiées en intervention psychosociale dans les résidences.

Accéder à l’article du journal The Gauntlet

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