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Transition : vers un modèle | Publication

19 juin 2019 Collégial et universitaire

Dans le dernier numéro des Cahiers du Girsef (Groupe interdisciplinaire de recherche sur la socialisation, l’éducation et la formation), Mikaël De Clercq de l’Université catholique de Louvain, en Belgique, approfondit la compréhension de la transition académique.

Plus précisément, dans ce numéro intitulé L’étudiant sur les sentiers de l’enseignement supérieur : vers une modélisation du processus de transition académique, De Clercq applique le modèle général de la transition de Nicholson et West (1989) au phénomène de la transition vers l’enseignement supérieur. Cet appui solide permet de documenter le processus d’ajustement de l’étudiant et d’identifier les principaux défis rencontrés lors de quatre étapes distinctes, soit :

  • la préparation;
  • la rencontre;
  • l’ajustement;
  • la stabilisation.

À chacune de ces étapes, l’étudiant est amené à réaliser des tâches précises lui permettant de faciliter la prochaine étape de transition. De Clercq intitule ce modèle le Modèle Intégratif de transition au Contexte Académique (MICA).

La préparation

Trois tâches majeures doivent être entreprises par l’étudiant durant cette première étape : 1) développer des attentes réalistes et claires; 2) être positivement motivé; 3) atteindre un état de préparation suffisant.

En d’autres mots, pour faciliter sa transition académique, l’étudiant doit avoir proactivement rassemblé des informations sur le nouveau contexte, être sûr de lui et motivé, mais surtout avoir développé les compétences nécessaires pour affronter les nouvelles exigences.

De Clercq, 2019.

La rencontre

Les principaux enjeux liés à cette phase sont : la capacité de faire face à ce nouvel environnement, l’importance de percevoir du sens dans les études choisies et la capacité de tisser des liens avec les pairs. Ces enjeux font écho aux travaux sur l’autodétermination (Deci et Ryan, 2000), selon lesquels les comportements d’un individu dans un contexte spécifique sont déterminés par la satisfaction de trois besoins fondamentaux :

  • le besoin de compétence, qui représente le besoin de l’individu de percevoir qu’il a la capacité d’agir sur son environnement et de l’influer;
  • le besoin d’autonomie, soit quand la personne perçoit ses comportements et ses choix comme autodéterminés et comme congruents avec ses valeurs, ses buts et ses intérêts;
  • Le besoin d’affiliation réfère au sentiment d’être proche et relié à un groupe de pairs.
Image : Pixabay

L’ajustement

L’étape d’ajustement constitue le cœur du modèle. Dans le cadre de la transition académique, l’étape d’ajustement peut être considérée comme un long processus pouvant perdurer le reste de l’année académique, voire pendant plusieurs années.

Cette étape peut être définie comme le processus concret d’adaptation de l’étudiant au contexte postsecondaire en termes de motivation, de cognition et de comportement.

De Clercq, 2019.

Plus précisément, l’étudiant doit pouvoir :

  • construire un réseau relationnel stable;
  • développer une confiance solide;
  • trouver la concordance entre le contexte et ses attentes.

L’engagement de l’étudiant serait la concrétisation de l’ajustement en actions et se décline en trois types :

  • l’engagement comportemental reflète la quantité d’énergie psychique investie par l’étudiant dans les activités et peut être caractérisé par le nombre d’heures d’études, la participation aux cours et les efforts déployés par l’étudiant;
  • l’engagement cognitif peut être défini comme « la volonté de réaliser les efforts nécessaires afin de comprendre les idées complexes et de maîtriser les compétences de haut-niveau d’une formation »;
  • l’engagement émotionnel peut-être conçu comme « l’engagement du cœur », les réactions affectives/émotionnelles de l’étudiant dans un contexte académique.

La stabilisation

La dernière phase du modèle est la stabilisation, soit un état d’équilibre dans lequel l’individu est adapté à son contexte, est efficace, a une confiance et un engagement fort dans les tâches reliées à son rôle, fait partie d’un réseau social solide et est réceptif et ouvert à de nouveaux défis. Ce dernier serait alors un apprenant performant, persévérant et épanoui dans ses études.

Or, selon l’auteur, ce type idéal nous confronte à la multiplicité des contextes et des caractéristiques des étudiants. En effet, l’enseignement supérieur recouvre un grand nombre de réalités différentes qui ne doivent pas être négligées.

Pour en savoir plus

De Clercq, M. (2019). L’étudiant sur les sentiers de l’enseignement supérieur : vers une modélisation du processus de transition académique. Cahier de Recherche du Girsef, n° 116.

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