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Étude sur l’impact des systèmes d’admission sur les résultats de l’enseignement supérieur

20 octobre 2017 Universitaire

Une étude comparative vient d’être publiée par la Commission européenne au sujet de l’impact des systèmes d’admission sur les résultats de l’enseignement supérieur en Europe. Le document met l’accent sur l’incidence qu’ont les écoles et les établissements d’enseignement supérieur (EES) dans le processus de sélection. Elle accorde également de l’importance à la manière dont les étudiants eux-mêmes finissent par choisir leur parcours, un programme et un EES en particulier.

Pour les auteurs de ce rapport, l’admission n’est pas un simple processus qui survient à la fin des études secondaires. Il s’agit plutôt d’un processus complexe qui peut commencer bien en amont, soit à partir du moment où un élève s’insère dans une filière particulière d’enseignement secondaire. Il ne se termine pas non plus à l’admission. Il va également jusqu’aux étapes de sélection ultérieures à l’admission (à la fin de la première année des études supérieures).

La question à savoir qui accèdera ou n’accèdera pas aux études supérieures est un enjeu majeur pour des sociétés qui se veulent progressives et dynamiques, soulignent les auteurs. Comme les systèmes d’admission peuvent autant sélectionner les personnes ayant le potentiel d’avoir du succès aux études supérieures que limiter l’accès à certains groupes sociaux, il est important de les évaluer sur le plan de leur capacité à établir un cheminement efficace et efficient vers la réussite éducative.

L’approche adoptée

Les auteurs de la recherche ont choisi d’avoir recours à une méthode mixte pour évaluer les systèmes d’admission. Il y a d’une part eu une cartographie, à l’échelle des systèmes, des États membres de l’Union européenne (UE), des membres de la zone économiques européennes et des candidats à l’UE. Cette partie de la recherche constitue une étude descriptive des différents systèmes d’éducation en présence. D’autre part, il y a eu huit études de cas sur une base nationale, lesquelles ont été réalisées par des experts nationaux. Plus poussés, ces cas ont offert davantage de détails sur la dynamique des systèmes d’admission aux études supérieures et sur leur fonctionnement dans la pratique. Des entretiens avec les principales parties prenantes ainsi que des focus groups ont été réalisés.

Quatre types de systèmes d’admission

L’étude a permis de révéler l’existence de quatre types de systèmes d’admission :

  • Type 1 : Sélection par les écoles
  • Type 2 : Sélection par les institutions d’études supérieures
  • Type 3 : Le moins de sélection
  • Type 4 : Double sélection

Les recommandations

Suite aux analyses, neuf recommandations ont été formulées :

  1. Améliorer l’architecture des choix offerts aux étudiants. Les choix doivent notamment être simplifiés. Le nombre actuel de choix rend le processus décisionnel des étudiants très difficile.
  2. Améliorer l’information, les conseils et l’orientation disponibles sur l’enseignement supérieur. À l’heure actuelle, l’information fournie concerne surtout les programmes. Cela ne constitue qu’une seule pièce du casse-tête. Il faut davantage d’information contextuelle et de conseils personnalisés.
  3. Lier les politiques d’admission pour les étudiants et les demandes du marché du travail. Pour s’assurer que les demandes des étudiants ainsi que celles du marché du travail soient équilibrées, toutes les parties prenantes doivent être impliquées. De meilleures données relatives aux demandes des étudiants doivent être obtenues et utilisées dans l’élaboration des politiques.
  4. Inciter les institutions d’enseignement supérieur à être plus inclusives. Pour bien des institutions, l’inclusion sociale n’est pas considérée comme étant partie de leur mission. Cette responsabilité devrait en partie leur revenir.
  5. Faire appel aux outils (du Processus) de Bologne pour faciliter le cheminement dans les études supérieures. Les étudiants craignent de faire des erreurs lorsqu’ils choisissent un programme d’étude. Cela est particulièrement marqué pour les étudiants provenant d’un milieu défavorisé. Réduire le coût de ces erreurs allègerait passablement la pression sur ces étudiants.
  6. Restructurer le processus de sélection au niveau secondaire. Le choix d’aller aux études supérieures devrait pouvoir se faire le plus tard possible. Il faut permettre à plus d’étudiants d’accéder aux échelons supérieurs du niveau secondaire.
  7. Introduire des projets pilotes pour réduire la pression au cours des dernières années du secondaire. Plusieurs choix s’imposant à eux dans une courte période de temps, à la fin du secondaire, les étudiants devraient être encouragés à réfléchir à leur choix de parcours postsecondaire plus tôt. Les dernières années du secondaire devraient être le point culminant d’un plus long processus.
  8. Permettre aux institutions d’enseignement supérieur d’expérimenter différentes méthodes pour identifier le potentiel des étudiants. Les institutions veulent être autonomes sur le plan de l’admission. Cette plus grande autonomie devrait leur être accordée dans la mesure où elle favorise l’équité des chances d’être admis plutôt que l’inverse.
  9. Prioriser le travail conjoint entre le niveau secondaire et postsecondaire. Les écoles, les institutions d’enseignement supérieur et les législateurs doivent collaborer davantage, notamment en ce qui concerne les politiques d’admission.

 

 

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