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La diplomation au collégial en recul chez les filles

24 janvier 2017 Collégial

Une récente analyse produite par Michel Perron, titulaire de la Chaire UQAC-Cégep de Jonquière sur les conditions de vie, la santé et les aspirations des jeunes (VISAJ), permet de constater que le taux d’obtention du diplôme collégial s’est légèrement amélioré chez les garçons depuis 10 ans. Toutefois, la proportion de jeunes terminant leur formation dans le temps imparti a, quant à elle, baissé au cours de la même période, une tendance particulièrement marquée chez les filles.

C’est dans un article publié dans le quotidien La Presse qu’on peut prendre connaissance de l’analyse produite par M. Perron, laquelle repose sur le travail fait dans le cadre du projet CartoJeunes.

Le prolongement de la période d’étude

Le délai prévu pour terminer la formation pré-universitaire est de deux ans alors qu’elle est de trois pour la formation technique. Selon les plus récentes statistiques, seulement un tiers des étudiants et étudiantes (33,4 %) inscrit au cégep obtient son diplôme dans ce délai. De plus en plus de jeunes décident d’étirer cette période pour pouvoir occuper un emploi ou encore voyager. En accordant deux ans de plus à ces étudiants, c’est un taux de 62,5 % qui obtient son diplôme d’études collégial, en légère hausse au cours de la dernière décennie (1 %).

Les filles perdent du terrain

L’analyse de M. Perron permet d’apprendre que bien que possédant encore un taux de diplomation supérieur à celui des garçons, les filles sont néanmoins en perte de vitesse alors que les garçons s’améliorent. Chez les filles, on constate un déclin de 1 % dans le taux d’obtention du diplôme après deux ans (de 68 % à 67 %). Chez les garçons, c’est une hausse de 53 % à 56 % qu’on peut constater. Il s’agit d’un phénomène qui ne trouve toujours pas d’explications au sein de la Fédération des cégeps.

L’impact de l’évolution de la clientèle et du travail

L’admission d’un nombre beaucoup plus important d’étudiants en difficulté par les cégeps (plus de 700 % d’augmentation entre 2009 et 2014) pourrait bien expliquer en partie la situation qui est observée. Cette hausse, accompagnée d’importantes coupes, n’a pas permis aux institutions collégiales de se doter des services et des outils pour soutenir la réussite de sa clientèle traditionnelle et des nouveaux éléments.

La conciliation travail-étude pourrait également être au cœur du problème, soutient Michel Perron. Les jeunes en général travaillent beaucoup plus aujourd’hui (45 % en 2014) qu’auparavant (21 % en 1981). Cela est particulièrement vrai pour les filles. Pour certains jeunes, c’est l’abandon pur et simple qui se produit lorsqu’un emploi lucratif leur est offert, un phénomène qui s’observe encore plus dans les régions en pénurie de main-d’œuvre. D’ailleurs, le taux de diplomation en région est passablement moins élevé que dans les grands centres urbains. Par exemple, il est de 67 % à Québec alors qu’il est de 54 % en Outaouais. Perron souligne qu’il s’agit d’un phénomène préoccupant et que 10 des 16 régions du Québec ont connu une baisse de diplomation.

 

Pour accéder directement à la nouvelle propulsée par La Presse

Pour accéder au site de CartoJeunes

 

 

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