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Pourquoi les jeunes femmes boudent-elles les STIM ? | Publication

18 mars 2019 Collégial et universitaire

La professeure-chercheure en sciences de l’éducation à l’Université de Liège, Dominique Lafontaine, a récemment présenté à Bruxelles, en Belgique, une conférence portant sur la réussite, la motivation et l’orientation des études selon le genre.

Organisée par le Comité Femmes Sciences, avec le soutien notamment de l’Académie de recherche et d’enseignement supérieur (ARES), la rencontre « Regards croisés sur les carrières au féminin dans les STIM » a réuni plusieurs acteurs s’intéressant aux inégalités de genre. L’une des conférences, présentée par Dominique Lafontaine et intitulée Pourquoi les jeunes femmes boudent-elles les STIM ?, portait sur les facteurs expliquant la plus faible présence des femmes dans le domaine des sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM).

Principaux constats sur la présence et la réussite

Selon les statistiques de l’ARES, entre 1990-1991 et 2015-2016, la population féminine a doublé (+101 %) dans l’enseignement supérieur belge, alors que la population masculine a augmenté de 48 %.

Dans la majorité des domaines, la proportion des femmes est supérieure, voire nettement supérieure à 50 %. Cependant, les femmes sont toujours moins présentes dans le secteur des sciences, en particulier dans le domaine de l’ingénierie où moins d’un étudiant sur cinq est une femme.

L’auteure rapporte que les femmes inscrites en sciences et en agronomie à l’Université de Liège ont « un taux de réussite en bachelier nettement meilleur que les hommes ». Dans le domaine de la santé (sciences médicales et vétérinaires), les taux de réussite par genre sont semblables.

Biais et stéréotypes

Lafontaine rapporte une étude selon laquelle les enseignants de mathématiques surestiment les très bonnes réponses d’élèves attribuées à des garçons et sous-estiment les mêmes réponses attribuées à des filles. Ils sous-estiment aussi les copies faibles attribuées à des garçons et surestiment les mêmes copies attribuées à des filles.

Image : Pixabay

De plus, les garçons qui ont de très bonnes performances seraient systématiquement mieux notés par leurs enseignants que les filles de même niveau. Les filles qui ont de faibles performances seraient notées avec beaucoup plus d’indulgence par leurs enseignants que les garçons de même niveau.

Lafontaine montre également qu’à compétences égales en mathématiques, les filles sont plus anxieuses que les garçons.

Choix de carrière

L’auteure soutient que des pourcentages semblables de filles (23%) et de garçons (25%) à 15 ans envisagent une carrière scientifique, mais ils sont attirés par des domaines différents : la santé pour les filles, l’ingénierie pour les garçons.

Les jeunes femmes s’estiment moins capables en maths/sciences, et sous-estiment même leurs capacités intellectuelles comparativement aux garçons. Elles accordent plus de valeur que leurs homologues masculins à des métiers orientés sur l’humain, tandis que les jeunes hommes valorisent davantage les métiers orientés vers les affaires ou les techniques.

Pourtant, étant donné leur plus grande réussite scolaire au secondaire, les jeunes femmes ont davantage de choix que leurs homologues masculins.

Leviers d’action

Lafontaine recommande d’intégrer la dimension « genre » dans la formation des enseignants et de soutenir la confiance des filles dans leurs capacités dans le domaine des STIM.

Elle suggère également de valoriser et rendre visibles les accomplissements des femmes dans le domaine des STIM (prix, doctorat honoris causa, interventions dans les médias, etc.) et d’enrichir les représentations des professions et métiers dans le domaine des STIM.

Consulter la présentation de Dominique Lafontaine

Consulter les autres présentations de la rencontre Regards croisés sur les carrières au féminin dans les STIM

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