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Développement personnel et scolaire ou qualité de l’intégration au milieu: lequel a le plus d’impact sur la diplomation au collégial?

23 octobre 2015 Collégial

Le chercheur Simon Larose de l’Université Laval et des collègues (Duchesne, Boivin, Vitaro et Tremblay) ont publié un article exposant les résultats d’une étude longitudinale visant à comparer certaines variables prédictives de l’obtention du diplôme au niveau collégial.

Paru en juillet 2015 dans le International Journal of School and Educational Psychology l’article intitulé College Completion: A Longitudinal Examination of the Role of Developmental and Specific College Experiences examine et compare le rôle de deux facteurs connus de prédiction de la diplomation au collégial, soit:

  • le développement psychosocial du jeune (au sein de sa famille et de son parcours scolaire) et
  • la qualité de son intégration académique et sociale lors de son entrée au collège.

Les chercheurs ont utilisé des données issues d’une étude longitudinale qui s’est échelonnée sur 17 ans et lors de laquelle le parcours d’élèves québécois a été suivi de la maternelle au collégial. Leur étude visait à examiner le rôle des facteurs personnels (les comportements sociaux, les performances académiques, les pratiques éducatives de la mère, les ressources familiales, etc.) versus celui des expériences académiques et sociales vécues lors de la première année au collégial.

Ces deux rôles avaient tous deux fait l’objet d’études par le passé, dont le célèbre modèle de Tinto (1993). Ce dernier identifie le rôle prédominant que jouent l’intégration académique et sociale sur la persévérance et la réussite par rapport au rôle des expériences personnelles passées depuis l’enfance. Mais l’équipe de Larose disposant de données collectées à quatre moments pendant les 17 années qu’a duré l’étude et couvrant l’ensemble du parcours scolaire de ces jeunes a voulu examiner de plus près, lequel de ces deux rôles a le plus grand effet sur l’obtention du diplôme d’études collégiales. Le cas échéant, un réévaluation de la pertinence de certains prédicteurs de diplomation devrait être effectuée. Les données ont permis à l’équipe de chercheurs de faire le pont du préscolaire au collégial et d’isoler certaines variables.

Le premier rôle (le développement psychosocial de l’élève) explique à lui seul 24.6% de la variation du taux de diplomation au collégial alors que le second rôle (la qualité de l’intégration au collège) en expliquerait plutôt 9%. En d’autres mots (traduction libre):

« L’impact des facteurs issus du parcours scolaire passé serait trois fois plus grand que l’expérience d’intégration au collégial en termes de probabilités d’obtention du diplôme d’études collégiales à l’âge de 23 ans. »

Ainsi, les résultats de l’étude ont montré la modeste contribution de l’intégration académique et sociale, du moins sur l’échantillon d’élèves québécois examiné.

Ne niant pas l’importance d’une intégration aux études collégiales de qualité, l’article souligne l’apport que les mesures favorisant l’intégration académique et sociale peuvent avoir pour des étudiants plus à risque de décrochage, comme ceux qui n’ont pas bénéficié d’un développement optimal au cours de leur enfance et de leurs formations passées.

Que devrait-on mettre en oeuvre à la lumière de ces résultats?

Les résultats de cette recherche invitent à suivre quelques pistes allant dans le sens :

  • des programmes et des interventions préventives pour accroître la compétence parentale des familles à risque dès le début du parcours scolaire;
  • des mesures de dépistage des élèves à risque au secondaire, sur la base de leur niveau de développement psychosocial, comportemental et académique;
  • du support pour les nouveaux collégiens en dépit de leurs acquis personnels;
  • des efforts pour une intégration académique et sociale au collégial réussie, pouvant pallier aux carences de certains étudiants issus d’un environnement moins favorable à leur diplomation;
  • des mesures pour développer le sentiment d’appartenance au collège;
  • des expériences significatives pour les étudiants de première année;
  • des occasions pour les nouveaux étudiants de développer des relations significatives avec leurs enseignants.

Finalement, l’étude montre que des facteurs familiaux et scolaires peuvent limiter les chances pour l’élève d’obtenir un diplôme d’études collégiales, mais cette situation n’est pas irrémédiable. Des actions ciblées pour favoriser l’intégration sociale et académique en première année peuvent quant à elles augmenter les chances de diplomation.

 

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