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Compétences et sciences humaines | Publications

24 octobre 2018 Collégial et universitaire

Deux articles récemment publiés dans le média numérique Inside Higher Ed posent la question suivante : de quelles manières les sciences humaines et sociales préparent-elles les étudiants aux défis de leur future vie professionnelle ?

Dans son article intitulé The Practical Humanities, la présidente du Vassar College (New York), Elizabeth H. Bradley, est préoccupée par la baisse des diplômés des collèges en sciences humaines, au profit d’une hausse des étudiants qui choisissent les sciences, la technologie, le génie ou les mathématiques (STEM) comme programmes d’études.

Comprendre les comportements humains

Cet attrait pour les sciences et technologies, jugées plus « pratiques » pour obtenir un emploi après ses études postsecondaires, fait en sorte que le budget pour les sciences humaines diminue dans la nouvelle économie du savoir.

Or, selon Bradley, cette nouvelle économie exige des compétences que les programmes de sciences humaines peuvent développer. En étudiant la condition humaine, la société et la culture, ces programmes préparent les jeunes adultes à des aspects essentiels du travail : s’entendre avec les autres, comprendre les multiples points de vue et s’adapter dans un monde en mouvement. Ainsi, les étudiants de toutes les disciplines devraient être exposés aux sciences humaines pour être préparés adéquatement au monde du travail.

Bradley se réfère à John Hare, professeur à la prestigieuse Université Yale, selon lequel l’étude des classiques aide à réaliser que nous ne sommes pas les premiers à faire l’expérience d’une chose, mais que nous faisons partie d’une expérience collective plus vaste d’êtres humains à travers l’histoire.

Relever les défis actuels

En étudiant l’histoire et la littérature, les étudiants affrontent des dilemmes, paradoxes et irrationalités qui existent depuis des générations, les préparant aux défis auxquels ils seront confrontés dans leur vie professionnelle, politique, sociale et culturelle. Les diplômés des sciences humaines sont mieux préparés à gérer leurs réactions, à reconnaître des schémas classiques du comportement humain et à faire face efficacement à ces défis dans le monde du travail d’aujourd’hui.

Bradley reconnaît que le codage informatique, la robotique ou l’exploitation de données sont des domaines essentiels pour fonctionner dans le monde de demain, mais elle souligne que les sciences humaines sont fondamentales pour façonner notre monde pour le mieux, avec un regard critique.

Source : Pixabay

Cet regard critique développé par les sciences humaines et sociales est aussi défendu par Robert Newman, directeur du National Humanities Center (Caroline du Nord), dans son article Saving the Humanities and Ben Franklin’s Ass, publié également par Inside Higher Ed. Selon Newman, les citoyens ont l’obligation morale et historique de faire preuve de discernement.

Les compétences d’esprit critique et de discernement sont développées dans le programmes de sciences humaines, pourtant sous-financées au profit des sciences et technologies dans le monde de l’enseignement supérieur actuel, soutient Newman dans son article.

Pour un regard interdisciplinaire

En réponse à l’érosion de l’importance des humanités dans l’enseignement supérieur, des chefs d’entreprise et des philanthropes de plusieurs secteurs de l’économie défendent actuellement les sciences humaines en tant que préparation essentielle pour la prochaine génération de travailleurs dans leur secteur.

Selon Newman, cette défense des sciences humaines est importante, mais ne devrait pas se faire strictement sur le plan de l’utilité économique. Pour lui, les sciences humaines ne développent pas que des compétences, mais bien une quête commune sur ce que cela signifie d’être humain.

Ainsi, pour Newman, réduire les sciences humaines à des compétences risque de réduire leurs impulsions imaginatives, interrogatives et empathiques qui méritent d’être mises en valeur et célébrées – même si elles n’ont pas de valeur monétaire immédiate.

Bradley plaide quant à elle pour une approche multidisciplinaire qui intègre les sciences et technologies et les sciences humaines, afin de mieux répondre aux défis qui attendent les futurs citoyens et travailleurs de demain.

 

Accéder à l’article The Practical Humanities d’Elizabeth H. Bradley

Accéder à l’article Saving the Humanities and Ben Franklin’s Ass de Robert Newman

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