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Améliorer la santé mentale dans les universités du Royaume-Uni

12 octobre 2017 Universitaire

Un rapport de l’Institut sur la recherche en politique publique (Institute for Public Policy Research) publié en septembre 2017 indique que les niveaux de troubles mentaux, de détresse mentale et de faible mieux-être qu’on retrouve dans les établissements d’études supérieures du Royaume-Uni sont en croissance. De plus, ils figurent plutôt haut comparativement à d’autres groupes de la population.

Intitulé Not by degrees: Improving student mental health in the UK’s universities, ce rapport rédigé par Craig Thorley rappelle que près de trois quarts des adultes aux prises avec une maladie mentale ressentent les premiers symptômes avant l’âge de 25 ans. L’accroissement de l’accès à l’éducation supérieur a fait en sorte que les établissements d’enseignement se retrouvent avec un nombre accru d’étudiants affectés par ce genre de maux. Au cours des 10 dernières années, le nombre d’étudiants ayant déclaré être affectés par ce genre de maux s’est multiplié par cinq.

La pression que vivent les étudiants universitaires, que ce soit sur le plan académique, financier ou social fait en sorte qu’ils sont plus susceptibles que les autres groupes de la population d’être touchés par des problèmes d’ordre mental. Une mauvaise santé mentale peut avoir des effets tangibles sur les performances académiques ainsi que sur la persévérance. Dans les cas les plus graves, cela peut même pousser des étudiants au suicide.

Les recommandations

Au terme de son analyse, Thorley avance les recommandations suivantes :

  1. Le secteur de l’enseignement supérieur devrait faire de la santé mentale et du bien-être des étudiants une question prioritaire. Chaque établissement devrait développer ses propres approches « universelles », lesquelles feraient l’objet d’une assurance de la qualité et d’une amélioration continue. Ces approches seraient basées sur des principes communs s’inspirant des meilleures pratiques.
  2. Les établissements d’enseignement supérieur devraient s’engager à augmenter le financement consacré aux services qui favorisent et soutiennent la santé mentale et le mieux-être des étudiants. Les établissements d’enseignement supérieur devraient s’engager à investir des sommes supplémentaires en fonction d’une analyse honnête et précise des besoins actuels des étudiants et de projections futures raisonnables.
  3. Le gouvernement devrait mettre de l’avant une stratégie nationale plus systématique pour améliorer la qualité des données sur la santé mentale et le bien-être des étudiants, ainsi que l’efficacité des interventions dans le contexte universitaire. Il faudrait pour cela modifier l’Enquête sur la morbidité psychiatrique des adultes afin d’inclure la collecte de données sur la maladie mentale chez les étudiants et commander des recherches sur l’efficacité des interventions en santé mentale et en mieux-être dans le contexte universitaire.
  4. Le gouvernement devrait faciliter la mise en place de coalitions locales qui visent à améliorer la santé des populations étudiantes locales par une plus grande intégration entre les services. Cela devrait inclure l’introduction d’un nouveau fonds de santé des étudiants dans lequel les partenariats locaux en matière de santé et d’éducation peuvent soumissionner. Il devrait également y avoir de nouveaux projets pilotes de services de santé mentale pour les 0 à 25 dans les endroits où la population étudiante est nombreuse.
  5. Le gouvernement devrait instaurer une nouvelle prime pour les médecins généralistes comptant une proportion élevée d’étudiants-patients, étant donné que le NHS (service de santé national) a reconnu les étudiants comme une population « atypique » susceptible de se trouver dans l’impossibilité de bénéficier des mécanismes de financement actuels.
  6. Le gouvernement devrait mettre à l’essai un nouveau passeport numérique pour la santé des étudiants du NHS, afin d’améliorer la continuité des soins de santé et des traitements parmi les étudiants qui se déplacent entre leur domicile et l’université, et de s’assurer qu’ils ont le contrôle sur leurs propres données de santé.

Le rapport

Le rapport a été produit à partir d’une revue extensive de la littérature existante ainsi que d’une analyse de données secondaires. Le rapport se base également sur un sondage réalisé auprès de 58 établissements d’enseignement supérieur d’Angleterre, du Pays-de-Galles et d’Écosse. Enfin, de février à mars 2017, les chercheurs de l’IPPR ont collecté des données primaires auprès de six universités du Royaume-Uni ayant été invitées à participer en tant qu’études de cas. Les universités en question sont la Brunel University London; la De Montfort University; la University of Birmingham; la University of Dundee; la University of Leeds; et la University of Wolverhampton. Des entretiens téléphoniques ont été réalisés auprès des directions, des responsables des services aux étudiants, des conseillers pédagogiques, des conseillers en orientation et des services aux personnes handicapées. Des rencontres ont également eu lieu avec des travailleurs des services de santé locaux.

 

 

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