RSS Linkedin Youtube
Ouvrir le menu

Partagez cet article

L’impact des difficultés financières et des stages coopératifs sur la persévérance et la réussite scolaires à l’université

11 mars 2016 Universitaire

Cette recherche a été réalisé par une équipe de chercheurs de l’Université de Sherbrooke sous la direction de Valérie Vierstraete.

Elle a été produite dans le cadre de l’Action concertée sur la persévérance et la réussite scolaires financée par le Fonds Québécois de la recherche sur la société et la culture (FQRSC) et le Ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS).

Elle porte sur des facteurs d’explication au taux élevé d’abandon des études à l’université tout en spécifiant certaines difficultés personnelles et familiales des étudiants qui peuvent être des facteurs d’abandon lors des études universitaires. Elle se concentre plus particulièrement sur les entraves financières que rencontrent les étudiants et qui peuvent les obliger à entrer sur le marché du travail de façon prématurée, ainsi que sur les moyens d’éliminer ces contraintes, en regardant notamment une forme alternative de financement des études, qui repose sur le système de stages coopératifs.

Environ 50% des décrochages durant la première année d’étude sont motivés par un désir de
changement de carrière tandis que 12% de ces décrochages le sont par un manque d’intérêt pour le programme d’étude. Cependant, seulement 25% des étudiants rapportent ne pas avoir de problèmes financiers durant leurs études.

La recherche se base sur des données collectées exclusivement à l’Université de Sherbrooke, choisie
pour son large éventail de programmes avec stages coopératifs. Les résultats devraient néanmoins pouvoir être facilement généralisables, de nombreux cégeps et universités ayant déjà mis en place des stages coopératifs.

Les deux objectifs spécifiques poursuivis étaient de mesurer l’impact de trois mesures d’aide financière sur les résultats des étudiants universitaires et sur le taux de diplomation.

L’hypothèse sous-jacente à cette recherche est que les mesures d’aide financières contribuent à améliorer les résultats des étudiants et à rehausser le taux de diplomation, les éléments sociodémographiques étant contrôlés. Les trois mesures d’aide financières visées dans cette étude étaient : les programmes de prêts/bourses selon les besoins, les stages coopératifs et les bourses institutionnelles selon le mérite ou selon le besoin.

On y examine comment le programme de l’aide financière aux études pourrait être repensé, de façon à favoriser moins les prêts aux étudiants et davantage une forme d’aide financière au mérite (ou appelée plus justement, aide à la réussite). « Ainsi, plutôt que de, par exemple, favoriser le programme de remise de dettes, le gouvernement pourrait promouvoir un système où les étudiants reçoivent un certain montant d’aide sous forme de bourses, à chaque fois que 15 ou 30 crédits par exemple sont réussis à l’intérieur d’un délai (raisonnable) imparti. »

Les pistes de solutions proposées par les auteurs, afin de favoriser la persévérance et la réussite à l’université, sont :

  • une aide financière qui couvre réellement les besoins,
  • une aide financière liée à la réussite,
  • des bourses plutôt que des prêts,
  • des emplois sur le campus plutôt que des emplois hors campus,
  • des programmes coopératifs, alternant études et emplois reliés directement au domaine d’études,
  • toute forme d’aide financière qui permet de favoriser l’engagement étudiant vis-à-vis de ses études et de l’université.

La revue de littérature réalisée dans le cadre de la recherche fait état de l’efficience avec laquelle les différentes sources de financement participent aux résultats académiques des étudiants. Les résultats montrent que dans l’ensemble, les étudiants exploitent bien leurs ressources financières afin de réaliser des résultats scolaires satisfaisants. Cependant, plus les ressources financières des étudiants augmentent, moins celles-ci sont utilisées de façon efficiente. De plus, on y apprend que l’emploi pendant les études constitue la source de financement la moins efficiente pour l’atteinte des résultats scolaires satisfaisant par les étudiants, ce qui semble confirmer les résultats des études antérieures. Une autre étude antérieure avait vérifié les facteurs qui expliquent la probabilité d’abandon des études. Parmi les variables financières, seul le travail pendant les études semblait affecter la probabilité de décrochage.

Ainsi, on montre que les étudiants qui travaillent augmentent de près de 40% leur probabilité d’abandon par rapport à ceux qui ne travaillent pas. De plus, le fait d’avoir le sentiment de ne pas manquer d’argent et d’être une femme sont significativement liés à la persévérance. L’engagement étudiant dans les études et par rapport à l’institution est également un élément très important qui permet de réduire le décrochage à l’université.

Les résultats de la recherche montrent que le temps que les étudiants consacrent à leurs études en classe et hors-classe influence positivement la moyenne cumulative. Plusieurs facteurs peuvent expliquer l’inefficience des étudiants dans l’utilisation du temps qu’ils consacrent à leurs études, parmi lesquels figurent les difficultés financières. En revanche, le fait d’être inscrit dans un programme coopératif affecte positivement l’efficience.

Pour ce qui est des stages coopératifs, les résultats montrent que les revenus gagnés à travers les stages coopératifs participent à réduire les besoins non comblés des étudiants, ce qui contribue positivement à la réussite scolaire. Ainsi, le fait d’avoir effectué un stage coopératif augmenterait la moyenne cumulative de 0,15 (sur 4,3) en moyenne.

En fait, les habiletés acquises lors des stages coopératifs semblent avoir un impact positif plus important sur la réussite universitaire, que les revenus issus de ces stages, ce qui indiquerait que c’est le lien direct entre la pratique et le domaine d’études qui est important. En outre, plus les stages sont étalés sur une longue période, mieux l’effet de ceux-ci se fait sentir sur les résultats académiques des étudiants.

Il est essentiellement montré dans cet ensemble d’études que les stages coopératifs contribuent à la persévérance et à la réussite à l’Université de Sherbrooke. D’autres enquêtes pourraient cependant montrer que ces résultats sont généralisables à l’ensemble des institutions postsecondaires offrant des possibilités de stages coopératifs. À l’issue de cette recherche, il semble intéressant de comprendre la relation qui existe entre les stages coopératifs d’une part et la motivation et l’engagement dans les études d’autre part.

On peut lire ici le rapport complet de la recherche: Impact des difficultés financières et de l’aide financière aux études, des bourses institutionnelles et des stages coopératifs sur la persévérance et la réussite scolaires à l’université

© 2019 CAPRES all rights reserved / tous droits réservés