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4 décembre 2017 Universitaire

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Renouveler la supervision des étudiant.es aux cycles supérieurs

Dans un système doctoral biaisé en faveur d’une carrière au sein du monde universitaire, comment les professeurs peuvent-ils aider leurs étudiant.es à réfléchir stratégiquement à propos de la préparation de leur avenir professionnel ?

James M. Van Wyck, chercheur post-doctoral à l’Université Fordham et membre du Graduate Career Consortium, une organisation portant la voix des étudiant.es gradué.es et des leaders du développement professionnel, offre des conseils à ce sujet dans un billet publié sur le site Inside Higher Education.

Une crise ou une nouvelle normale ?

Pour Van Wyck, il n’est plus de mise de parler de crise de l’emploi dans le secteur de la recherche universitaire. Aucune crise ne dure deux générations, souligne-t-il. Il s’agit plutôt d’une nouvelle normale.

Pour que les étudiant.es gradué.es trouvent un emploi qui corresponde à leur pedigree et à leur talent, il faut avoir recours à toute une série d’alliés. Ce sont les directeurs et directrices qui sont les mieux placé.es pour aider les étudiant.es à se préparer à un éventail de possibilités. Pour ce faire, ils ne peuvent se limiter à offrir des conseils relatifs à la recherche et au monde universitaire. Pourtant, note Van Wyck, ce sont très souvent des ressources externes qui sont interpelées pour répondre à ce besoin. Cela s’explique par la croyance de plusieurs universitaires que leur rôle se limite à former un futur chercheur.

Qu’est-ce qui peut être fait concrètement?

Le sentiment de ne pas être préparé à offrir ce genre de conseil habite plusieurs superviseurs. Mais cela ne devrait pas servir d’excuse, croit l’auteur. En effet, il n’est pas si difficile pour eux d’en arriver à une posture où ils peuvent faire beaucoup de bien à leurs étudiant.es.

La première chose à faire est probablement de se mettre à la place de l’étudiant.e supervisé.e pour comprendre comment ils se sentent. Il faut ensuite coupler l’action et l’empathie puis se rappeler que les réseaux et les conversations ont beaucoup d’importance.

Voici quelques actions concrètes suggérées par Van Wyck :

Initier des discussions au sujet de la carrière des étudiant.es supervisé.es

Les superviseurs doivent entreprendre des discussions où ils pourront démontrer leur ouverture d’esprit quant aux possibilités qui s’offrent. Cela débute en les interrogeant sur leurs aspirations professionnelles. Il faut savoir que, pour le meilleur ou pour le pire, la voix du superviseur risque d’avoir beaucoup plus de poids que celles des autres personnes entourant l’étudiant.e. Cela est vrai à toutes les étapes du programme d’étude. Ce que pense le superviseur a une grande incidence sur comment l’étudiant.es se sent et perçoit son futur. Un mot désobligeant pour les carrières non académiques peut avoir un impact marqué.

Encourager une approche stratégique axée sur le long terme lors des études graduées et pour la préparation au marché de l’emploi. 

Bien souvent, croit Van Wyck, les programmes de doctorat tiennent pour acquis que les étudiant.es ont tous les mêmes forces, préférences et objectifs de carrière. Si les étudiant.es ne prennent pas le temps d’y réfléchir pour eux-mêmes, ils risquent bien de se conformer à l’image véhiculée par le programme. Le superviseur devrait encourager cette réflexion, et ce, dès le début du programme.

Il faut prévoir du temps pour avoir ces discussions sur le futur et pour suivre le progrès de la réflexion. Des outils sophistiqués ne sont pas nécessaires. Un simple document Word rapportant la ligne du temps et les objectifs à atteindre peut suffire. Pour mener à bien ces discussions, il faut connaître les ressources disponibles pour l’orientation de carrière. Cela inclut les sites externes à l’université tels que : Versatile Ph.D. ou Imagine Ph.D..

Prendre acte de son réseau et orienter les étudiant.es supervisé.es vers ses contacts.

Le réseautage est d’une importance cruciale. Le superviseur doit réaliser que certains de ses contacts peuvent s’avérer utiles à leurs étudiant.es. Il leur faut bien sûr ne pas se limiter aux contacts du secteur universitaire, mais inclure également les anciens collègues qui peuvent maintenant œuvrer hors de celui-ci. Une fois la liste de contacts dressée, il s’agit de passer à la mise en relation afin que des entretiens informels puissent avoir lieu.

Plus que jamais, il faut mettre l’étudiant.e au cœur des études graduées. Il faut même aller au-delà de ce qui est prévu en ce sens. Cela est exigeant, concède l’auteur. Néanmoins, cela est nécessaire dans la nouvelle normale qui a émergé. La bonne nouvelle, conclut Van Wyck, c’est que ce fardeau n’a pas à être porté par le superviseur uniquement. Plusieurs conseillers peuvent venir épauler le travail à accomplir.

 

Pour accéder directement à l’article de Inside Higher Educaton

 

 

 

 

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