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31 janvier 2017 Collégial

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Alternance travail-études du collégial : effets positifs qui ont peu à voir avec l’adéquation formation-emploi

Dans son numéro de novembre 2016, le Bulletin de l’Observatoire compétences-emplois de l’Université du Québec à Montréal a publié un article faisant état des effets positif sur la diplomation et la poursuite d’études universitaires de l’alternance travail-études (ATE) au collégial.

Cet article découle des recherches menées par Pierre Doray et Nicolas Bastien. Ils sont tous deux chercheurs au Centre interuniversitaire de recherche sur la science et la technologie (CIRST) de l’UQAM. À la lumière des résultats qu’ils ont mis de l’avant, ces deux chercheurs s’interrogent «sur la pertinence de prêter à l’ATE actuelle les vertus d’un dispositif d’adéquation formation-emploi».

Une étude approfondie

Les résultats dévoilés par Doray et Bastien reposent sur une analyse d’une envergure inégalée sur le sujet au Québec. Deux cohortes d’étudiants ont été observées dans les 10 ans suivant leur entrée au secondaire. Les chercheurs ont pu suivre ces étudiants avant ainsi qu’après leur entrée au programme d’ATE. Les catégories de variables suivantes étaient au cœur de la recherche :

  • Les variables sociodémographiques;
  • Les variables représentatives du capital économique et culturel des étudiants;
  • Les variables relatives à la scolarité au secondaire.

Les principaux résultats

L’étude présentée permet d’apprendre que le «bon étudiant provenant des classes moyennes et populaires» représente le profil type des étudiants d’ATE. On apprend également, sur le plan de la diplomation, que 54,4 % des étudiants participant à l’ATE obtiennent leur diplôme. Ce taux est nettement supérieur à celui de 39,1 % des étudiants ayant fréquenté un programme de formation technique. Le fait que seuls les meilleurs étudiants sont admis à ce programme explique probablement une partie de ces résultats. Toutefois, les chercheurs soutiennent, statistiques à l’appui, qu’il y a également un effet propre à l’ATE. Enfin, en ce qui concerne la poursuite d’études universitaires, on apprend que c’est le cas de 30,9 % des étudiants participant à l’ATE contre 25,7 % pour les autres. L’étude permet d’apprendre que c’est l’approche ATE qui a motivé ces étudiants à prendre cette décision.

Une contradiction entre les objectifs poursuivis par l’ATE et les effets du programme

Doray et Bastien remarquent qu’il y a une certaine contradiction entre les objectifs poursuivis par l’ATE et les effets du programme. D’un côté, le gouvernement souhaite que le programme améliore l’adéquation entre la formation et l’emploi, mais de l’autre, les étudiants du programme ATE sont plus nombreux que les autres étudiants des programmes techniques à poursuivre des études universitaires. Dans l’éventualité où certains souhaitent étendre l’ATE à l’ensemble des programmes, les chercheurs se demandent comme on s’y prendra. Est-ce que le même modèle d’implantation sera employé? Les auteurs croient que le gouvernement devrait réfléchir à l’implantation de l’ATE en fonction de ses effets réels plutôt qu’en fonction de ceux qui sont souhaités.

 

Pour accéder à l’article complet publié par l’Observatoire compétence-emplois (OCE)

 

 

2- Enseignement et apprentissage>2.5- Enseignement coopératif et stages

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