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1 mai 2015 Universitaire

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Le retour aux études des étudiants immigrés

Dans le cadre d’un projet subventionné par le Programme d’actions concertées du Fonds québécois de la recherche – Société et culture, une équipe de chercheurs a élaboré un projet qui s’intéresse au cheminement universitaire d’étudiants résidents permanents (ERP), pour la plupart récemment immigrés. L’équipe a documenté les facteurs qui freinent ou soutiennent leur persévérance aux études.

Le rapport Les étudiants récemment immigrés : mieux comprendre le processus d’acculturation et d’adaptation institutionnelle pour soutenir efficacement la persévérance aux études universitaires relate d’entrée de jeu que :

La très grande majorité des immigrants arrive au Québec avec un capital humain qui devrait leur permettre d’intégrer rapidement le marché du travail. Cependant, le taux de chômage chez ces immigrants et le phénomène de déqualification professionnelle qu’ils subissent sont préoccupants. Ainsi, pour améliorer leur employabilité, les immigrants récemment arrivés sont nombreux à entreprendre des études universitaires.

L’équipe de Fasal Kanouté, de l’Université de Montréal, a fait un travail colossal en documentant les facteurs qui influencent la persévérance aux études de près de 1000 étudiants résidants permanents (ERP), dans 6 institutions d’enseignement supérieur, en croisant leur regard à celui de près de 400 enseignants.

Parmi les facteurs pouvait avoir une influence sur la persévérance des étudiants résidants permanents, on note :

  • Les facteurs relatifs à la situation personnelle et sociale du ERP : les ERP inscrits dans des programmes de ce cycle sont susceptibles d’être plus âgés, d’avoir plus de responsabilités familiales liées à la présence de conjoint et d’enfants, d’être allophones, d’êtres moins familiers avec le fonctionnement général des institutions d’enseignement.
  • Les facteurs relatifs aux conditions de formation et d’apprentissage : ce qui préoccupe le plus les ERP relève du rythme de travail dans les cours, de l’évaluation et des caractéristiques pédagogiques-culturelles des dispositifs de formation (prise de parole, travail en équipe).
  • Les facteurs relatifs au contexte institutionnel : S’ils apprécient le volume d’informations que les universités offrent, les ERP expriment le besoin que ces informations soient mieux expliquées et contextualisées par le personnel qu’ils rencontrent surtout à l’intérieur des unités qui les accueillent.
  • Les facteurs relatifs au processus général d’acculturation à la société :  les enseignants indiquent que les défis relatifs à l’établissement des ERP dans la société ont le potentiel d’hypothéquer la persévérance aux études.

En conclusion, l’équipe de chercheurs note qu’il faut mettre sur pied :

  • des gestes politiques efficaces pour l’intégration et contre la discrimination
  • des mesures institutionnelles ciblées qui rendent visibles et accessibles les ressources universitaires
  • des initiatives académiques qui, sans nécessairement être spécifiques aux ERP, ont des chances de mieux soutenir leur persévérance aux études

1- Caractéristiques socioculturelles de l'étudiant>1.5- Étudiant issu de l'immigration

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